SERVICE

J’ai toujours été fasciné par l’histoire, surtout le moyen âge européen. Cette partie singulière de l’histoire européenne est intéressante à mes yeux surtout pour l’organisation de la société, la place de l’église, les royaumes, les empires, les fiefs de seigneurs, les chevaliers, les croisades, la puissance quasi-infinie de la religion catholique, les guerres de conquêtes, etc. Ce fut une ère où la raison n’existait guère, une ère où les superstitions régnaient. Le système féodal, tel qu’il était établi, créa le servage, mot issu du nom serf, qui décrit une personne attachée à une terre et dépendante d’un seigneur.

Ce dernier avait tous les droits sur ses sujets, les terres qu’ils occupaient car elles lui appartenaient, leurs récoltes et leurs familles. On était loin de l’ère de liberté qui est devenu la normalité dans la plupart des pays du monde mais cet air ne souffle que depuis quelques décennies et il n’est point parfait. Nous sommes toujours en train de le perfectionner, pour ne pas dire l’améliorer.

Pour revenir au servage, il me rappelle combien je ne pourrais vivre dans de telles conditions à l’époque et encore moins aujourd’hui, avec les valeurs humanistes du 21ème siècle. Force est d’avouer qu’il est facile de critiquer cette époque révolue lorsqu’on est assis confortablement chez soi, à Montréal, au Canada, ce havre de paix que j’aime tant et qui me permet de m’épanouir.

Durant le moyen âge, cette époque sombre pour les européens, il existait des ordres de chevaliers qui étaient au service des rois, des seigneurs et autres nobles. Ces chevaliers suivaient un code de valeur rigide, un code qui ne laissait aucune place aux révoltes. Ce fut un code qui ne faisait que régir leurs vies et, par conséquent, leurs actions.

Les chevaliers servaient leurs chefs sans broncher, et ne pouvaient en aucun cas désobéir à un ordre venant de leur seigneur. Toute désobéissance pouvait être punie par la peine capitale ou quelques coups de fouet si le seigneur se sentait empli de miséricorde ce jour-là. Il est inutile de citer les nombreuses atrocités commises par ces défenseurs de la galanterie et des nobles actions. Ils avaient juré de protéger la veuve et l’orphelin mais lorsque leur seigneur était un maniaque sanguinaire, ils se transformaient en bras armé de ces fous furieux.

Je veux parler de service et non de servage. Je veux parler d’être au service des autres. Oublions pour un court instant les chevaliers et le moyen âge. Je veux parler d’être au service de ceux qu’on aime et que l’on respecte. Oublions le service obligé, qui sonne plus comme un service militaire, un ordre rigide où les désaccords sont proscrits et punis.

Je ne connais pas un acte plus noble que celui d’être au service des autres. J’insiste sur le fait de choisir qui on veut servir et comment, et surtout ne pas être obligé de le faire. Je trouve noble et honorable d’être au service des autres. Je me sens privilégié d’être au service de mon père et de ma mère, j’adore servir mon frère, je sens mon cœur battre à tout rompre quand je suis au service de ma bien-aimée, la femme qui m’honore par son amour, respect et affection. Je remue ciel et terre afin de servir mes amis, cette autre famille avec qui je ne partage aucun bagage génétique mais, qui compte infiniment à mes yeux.

Être serviable ne rime pas avec stupidité ou faiblesse. Être au service des autres ne rime pas avec être manipulé ou que les gens profitent de nous. Il arrive souvent que certaines personnes sans scrupules nous manipulent certes, mais ce jeu malsain a, comme toute chose, une fin. Le manque de sincérité quand on demande un service, le manque de reconnaissance, le fait que certaines personnes prennent cet acte comme acquis, poussera la personne serviable à se poser des questions et elle finira, comme tout le monde, par avoir les bonnes réponses, révélant ainsi la vraie nature de ces personnes ingrates et manipulatrices.

J’ai l’impression qu’être serviable, cette qualité humaine ô combien essentielle, s’évapore lentement mais surement. Peut être que je me trompe, peut être que mon jugement est légèrement influencé par les nombreuses années que j’ai passées à faire du service à la clientèle dans le domaine bancaire à Montréal. Dans ce secteur hyper occupé et ultra compétitif, être au service des autres est synonyme apparemment, d’être un serf car la charge de travail est énorme et les clients, du moins une majorité d’après moi, ne sont guère gentils. Ils disent qu’ils sont pressés et qu’ils n’ont pas le temps d’être polis, gentils ou affables. Il est ainsi facile de se sentir déçu par le comportement de ces gens qui se prennent pour les maitres du monde alors qu’ils ne possèdent qu’un compte bancaire, aussi garni qu’il soit, sans avoir le moindre gramme de politesse et d’humanité et encore moins d’empathie.

Je ne veux pas plonger dans le pessimisme car je vois souvent des gens qui mettent leur égo de côté pour être au service des autres. Je vois souvent des gens serviables et cela me donne espoir. Je gravite souvent autour des gens qui sont serviables. Je ne le fais point pour les manipuler ou les utiliser. Je le fais parce que les gens qui sont au service des autres sont des personnes sur lesquelles je peux compter. Ce sont des personnes qui ont la gentillesse comme pilier de leur caractère. L’amabilité est l’ossature de leur personnalité.

Entourez-vous des personnes serviables si vous pouvez. Ces dernières ont une valeur inestimable et surtout, elles vous permettront de garder vivant ce réflexe d’être serviable. Être serviable est un muscle, et toute inaction qui s’éternise provoque une atrophie. Ce muscle de serviabilité ne doit en aucun cas mourir. Il doit rester vivant et vivace.

Être serviable est noble. Soyez au service des autres parce qu’il s’agit d’une action noble et juste, et non parce que la société ou la religion vous l’exige. Soyez serviable et surtout choisissez ceux que vous voulez servir. Assurez-vous que leurs valeurs sont similaires aux vôtres. Si le caractère ou les actions d’une personne vous déplaisent, je vous prie de ne pas la servir. Nous ne sommes plus au moyen âge et le servage est mort, pas besoin de le ressusciter.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée.

Freeman. B

 

 

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