PEUT MIEUX FAIRE

Il fut un temps où je détestais cette satanée phrase ! Elle était le symbole de l’oppression scolaire à mes yeux. Qui pourrait vraiment blâmer le gamin que j’étais ? Quand on est au primaire, et vu la matière enseignée, qui en soit, n’était point difficile, la fameuse phrase peut être facilement un irritant. Cependant, les professeurs, qui à mon époque, ressemblaient plus à des gardiens de prison par leur comportement qu’à des pédagogues engagés (on va blâmer le système éducatif mis en place depuis des décennies et qui n’a pas changé depuis !), écrivaient trimestre après trimestre cette phrase à l’arrière du bulletin scolaire. Que je détestais cette phrase ! On dirait que rien n’était assez bon pour ces profs !  

Nous étions trop jeunes pour comprendre le sens de cette phrase qui s’inspirait probablement du Kaizen, le processus de l’amélioration continue qui fleurit depuis la nuit des temps au pays du soleil levant. Les japonais voient en la méthode Kaizen une manière d’être, de vivre, de penser et de rendre leurs vies et environnement meilleurs. Le Kaizen contribue à l’harmonie. Comment pourrait-on être contre une telle philosophie ? Quelle est cette personne qui ne veut pas s’améliorer ? Quel groupe, pays, peuple, entreprise ou gouvernement ne veut pas s’améliorer ? Et pourtant…

Ce concept colle parfaitement avec les perfectionnistes, qui sont des exemples parfaits de l’amélioration continue, même si chez eux, il s’agit plus d’une sorte de compulsion qu’autre chose. Ils recherchent sans relâche la perfection, qui malheureusement ou heureusement, n’existe pas. Les psychologues ont avancé la théorie que les perfectionnistes compulsifs ne sont pas capables d’être contents ou ne peuvent point se sentir satisfaits. Je ne suis pas perfectionniste et je ne pourrais jamais l’être.

Quelle serait le meilleur moyen de s’améliorer ? Faire un bilan est la première étape. Cela nous permet de savoir ce qui a bien été et ce qu’il faut améliorer. Je suis sûr qu’on aime tous les accolades et les applaudissements qui viennent caresser notre ego dans le sens du poil. Néanmoins, quand vient le temps de parler des lacunes, ou ce qui a été moins bien réussi, nous nous mettons tous sur la défensive. Nous croisons les bras, nous fronçons les sourcils et agissons comme si on avait un ennemi en face de nous. On dirait le jeune Freeman âgé de 6-7 ans et dont le bulletin arbore la fameuse phrase “Peut mieux faire” à l’arrière. Dieu seul sait combien je détestais cette phrase !

La deuxième étape est cruciale : appliquer les changements nécessaires. Parler ne sert à rien. J’en sais quelque chose ! Je manie la parole comme un maestro. Je ne me vante point, cela est un fait. Cependant, parfois, je pense que cela est suffisant ! Je tombe souvent dans le piège de l’apaisement. Je m’explique : voyant que mon interlocuteur est apaisé par mes belles paroles, je n’applique pas les changements requis car le soulagement que je perçois sur le visage de l’interlocuteur, semble indiquer que tout est réglé, alors qu’il n’en est rien. Les paroles n’ont aucun pouvoir, pour ne pas dire un pouvoir temporaire. Agir est le seul pouvoir qui importe, le seul geste qui aura des conséquences, le seul geste qui changera le statu quo.

Récemment, je fus confronté à mes lacunes et manquements. Il n’existe rien de plus irritant, je me dois de l’avouer. Malgré mon âge, qui, normalement devrait m’apporter une certaine sagesse, écouter quelqu’un me faire la liste de mes erreurs, me déplait grandement. Je me dis que cet exercice ne plait à personne. On se sent attaqué et je suis sûr que notre capacité d’écouter, de comprendre et de bien interpréter ce qui s’est passé, est quelque peu, sinon énormément, compromise. Il ne faut surtout pas oublier que nos erreurs entrainent des conséquences directes et indirectes qui peuvent causer du tort à soi-même et surtout à autrui. Il se peut également que nos propres préjugés nous jouent des tours et nous poussent à mal interpréter ce qui s’est passé.

J’ai passé un mauvais quart d’heure mais cela ne fut rien, comparé aux torts que j’avais causés autour de moi, par mon comportement et mes actions. S’excuser est une chose noble, une action louable qu’il faut exécuter au plus vite. Néanmoins, les excuses n’ont presque aucune valeur, si la personne n’apprend pas de ses erreurs. À quoi servent les excuses si elles ne sont pas suivies d’une action quelconque pour rectifier la situation ? Il faut s’assurer de ne plus commettre la même erreur, d’où le concept de l’amélioration continue. Cette dernière passe par les actions et non les belles paroles que n’importe qui peut sortir pour nous apaiser.

S’améliorer passe par l’action et l’humilité. Il faut absolument être humble pour admettre que nous ne sommes pas parfaits, que nous sommes faillibles et que nous sommes des êtres humains en évolution constante. Nous changeons sans arrêt et il est impératif de se rappeler que la perfection de l’esprit n’existe pas. Quoi que l’on fasse, il y aura toujours quelque chose à améliorer.

Accepter mieux la critique et le faire avec un esprit ouvert, se taire quand l’autre parle, faire des promesses que l’on peut honorer sans se déshonorer soi-même, être plus patient, écrire sur papier tout plan qu’on veut entreprendre, écrire encore et toujours, lire plus souvent, manger des légumes encore plus, accepter les changements d’une manière plus calme et les comprendre, poser plus de questions, et ma liste des choses à améliorer ne s’arrête pas là. N’ayez aucune crainte de penser à votre propre liste. Nous avons toujours quelque chose à améliorer.

« Peut mieux faire », disaient les profs, il y a de cela 3 décennies. Les Japonais l’appliquent depuis que leur culture existe. Je l’ai compris même si ça a pris du temps. N’ayez pas peur de suivre cet adage. Au contraire, il est salutaire. Notre développement personnel ne s’arrête jamais.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

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