L’EUTHANASIE

Voilà un sujet épineux et qui sème la controverse, presque autant que l’avortement ou la peine de mort. Commençons par la définition du mot.

Euthanasie (du grec euthanasia, mort douce) : Acte d’un médecin qui provoque la mort d’un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie, illégal dans la plupart des pays.

La définition est claire comme l’eau de roche. Surtout la partie intéressante et cruciale est « pour abréger ses souffrances ou son agonie ». Les opposants, souvent farouches, à l’euthanasie mettent à l’avant que toute vie est sacrée et mettre fin à sa propre vie, se suicider donc, est un péché qui fermera les portes du paradis à la personne qui commet cet acte odieux.

L’argument est valide et possède un certain poids qu’il serait difficile de balayer d’un simple geste. Parlons de la sainteté de la vie. L’idée est de vivre, et surtout de pouvoir apprécier la vie, être productif, faire quelque chose qui donne un sens à notre vie, etc.

Permettez-moi de vous poser une question simple, pour ne pas dire simpliste : être cloué dans un lit, en étant dans un état comateux ou végétatif, sans espoir de guérison ou de rétablissement, peut-on appeler cela « vivre » ? Avoir une maladie incurable telle que la sclérose en plaques, la sclérose latérale amyotrophique, certains cancers agressifs et dévastateurs, sachant qu’au final, il n’y a que souffrance, perte d’autonomie et perte de dignité, est-ce vivre ? Être allongé pendant des mois, voire années, sans pouvoir bouger, parler, manger, ou faire quoi que ce soit par soi-même, peut-on franchement appeler cela « vivre » ? Être cloué sur un fauteuil roulant toute sa vie, est-ce « vivre » ?

Je comprends combien il est facile d’écrire ces lignes, sachant que je ne suis pas dans une situation pareille. Je ne connais aucune personne qui soit dans cette situation difficile, donc en parler est un jeu d’enfants. Cependant, que ferais-je si ma douce moitié, si un de mes parents, si un de mes enfants, si mon frère, si un ami cher, était face à cette situation éprouvante ? Pourrais-je faire le choix pour eux ? Pourrais-je vivre avec mon choix, quel qu’il soit ? Ou me sentirais-je comme un criminel ? Il est vrai que plus je me pose ces questions, plus il est difficile d’être pour l’euthanasie, je l’avoue.

Certains pays, dont le Canada, ont déjà légiféré dessus et ont rendu l’euthanasie légale. Personnellement, je pense qu’une personne a le droit de choisir comment elle doit vivre sa vie et surtout comment mettre fin à sa vie, si elle est atteinte d’une maladie incurable. Les législations ne sont pas encore parfaites mais elles essaient d’accommoder les gens, d’éviter des abus, ou simplement des cas criminels, car il en existe !

J’ai parlé de ce sujet avec ma mère, l’infirmière de carrière qu’elle est et qui a vu presque tout dans sa profession. Elle fut choquée de voir que j’étais en faveur de l’euthanasie. Ma douce moitié, quant à elle, ne veut rien entendre concernant ce sujet. Le pire est que je les comprends, car si je choisis de mourir, elles devront vivre avec ma mort, pas moi, vu que, évidemment, je serais mort !  

Les personnes qui choisissent cette voie controversée, en étant lucides et conscientes de leur choix , dans un cadre légal bien défini, ont toute ma sympathie et je les trouve courageuses. Je suis un grand défenseur de la liberté individuelle. L’état, l’église, la société n’ont aucun droit de me dire comment vivre ma vie du moment que je ne fais du mal à personne. Oui, se suicider fait du mal à ma famille et à mes amis. Néanmoins, si j’ai une maladie qui ne me promet que souffrance, dégradation et perte d’autonomie et de dignité, alors, pour l’amour de tous les Dieux, veuillez vous écarter lors de ma prise de décision car cette dernière ne concerne que moi, malgré les répercussions sur les autres.

Est-ce égoïste ? Absolument ! Je comprends combien un choix pareil est tout simplement impossible à saisir. Il est encore plus impossible à accepter par ceux qui aiment et vivent avec la personne concernée. J’ai lu récemment un article sur un homme québécois, Jean Truchon, atteint de triparalysie (les 2 jambes et un bras sont paralysés) et qui a perdu l’usage de son seul bras en 2012, le rendant complètement paralysé. Il racontait le calvaire qu’il vivait au quotidien, l’impossibilité d’avoir une vie normale vu qu’il était cloué sur son fauteuil roulant depuis sa naissance. Il a fait ce choix alors qu’il avait était déclaré sain d’esprit par des psychiatres qui s’étaient penchés sur son cas. Une loi, minutieusement suivie et bien encadrée, est salutaire à mon humble avis.

Laisser les gens choisir le moment de leur mort car ils ne vivent plus et se contentent de survivre dans des conditions horribles et inhumaines, j’appelle cela un service envers ces gens-là. La plupart des gens atteint de maladie incurable parlent souvent du poids et du travail que leurs vies mettent sur la vie des membres de leur famille et des amis. Je trouve que c’est courageux. Je sais très bien qu’une telle loi ou une telle manière de penser ne seront jamais accepter par les différentes religions car elles ont pour base essentielle, la défense de la vie, à tout prix.

Vivre avec dignité est mieux que survivre. Vivre en ayant le choix de mettre fin à ses jours, pour éviter l’indignation et la souffrance, est mieux que survivre. Vivre et survivre sont deux verbes différents car ils décrivent deux situations différentes ! J’admire et, je comprends ceux qui, connaissant leur triste et inévitable sort, choisissent de mettre fin à leurs jours pour éviter l’humiliation, l’indignation et la souffrance qui les attendent. Courage à eux, à leur famille et amis. J’espère de tout mon cœur que vous ne vous trouverez jamais dans une situation pareille.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

One thought on “L’EUTHANASIE

  1. Sonia

    This text made me think about my cousin who died a week ago (Eddy)…. il venait de passer presque 3 ans dans un semi-coma après avoir été attaqué dans la rue par un jeune garçon de 18 ans….. 10 jours après l’attaque, les médecins nous ont demandé si ils pouvaient éteindre la machine (Life support), nous avions refusé et il a ouvert ses yeux 2 jours après….. Depuis le mois de janvier 2020, il a eu plein d’infections et la semaine passée, il est mort (Pas du Covid19) parce que les docteurs des urgences ont pris la décision qu’il ne valait pas la peine d’être sauvé…. that hospital bed/oxygen mask was going to save someone else….. The only thing they could give him was just drugs to ease the pain while he was going 😢
    Toute cette semaine je me suis demandée if it was better for him to switch off the life support back in August 2017 and die with his dignity or live all this time on his sickbed, us hoping that he will get up and walk again…..
    After reading this text, I think the decision is easy when you are the one deciding for yourself but for your loved one, nukuri ntivyoroshe…..

    C’est un plaisir de lire tes textes

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