LE REJET

Que ce mot est lourd ! Nous avons tous été rejeté au moins une dizaine de fois dans notre vie, peut-être même plus, je dirais. Je parle ici du rejet en général. Cela peut arriver dans un cadre professionnel, légal, social, sportif, académique, personnel, romantique, en affaires, et j’en passe.

Le mot « rejet » nous renvoie toujours à des souvenirs douloureux et inoubliables. Chaque personne se rappelle très clairement tous les rejets qu’elle a vécus, j’en suis persuadé. Chaque personne se rappelle le lieu, l’heure, ce qu’elle portait, ce qu’on lui a dit, ce qu’elle a ressenti, ce qu’elle ressent encore et toujours quand elle y repense, etc. Notre mémoire nous fait rarement défaut quand il s’agit de rejet. Ce dernier est souvent doux, poli et inoffensif. Cependant, parfois, et j’ose espérer rarement, le rejet est violent, insultant et dur. Je me rappelle certains de mes rejets qui ne furent pas plaisants. Aujourd’hui, ces rejets me font sourire mais je ne souriais pas quand ils se sont produits.

La honte s’installe parfois quand on pense aux rejets auxquels on a fait face. Ils ne sont pas tous faciles à accepter. Le rejet amène des sentiments comme le désespoir, la colère, le doute, la peine. Il arrive qu’on se sente inadéquat. On se dit qu’on n’était pas prêt. On se dit que ça arrive. On se console du mieux qu’on peut. Je me rappelle d’une interview avec une personne très affable pour un poste dans une banque. J’étais sûr que tout s’était bien passé et que le poste m’attendait. Mais, il s’est avéré qu’ils n’ont pas voulu de moi. Ils m’ont simplement dit qu’une autre personne plus qualifiée a eu le poste. Le hic, est que je connaissais la personne en question et elle n’était pas plus qualifiée que moi. Le rejet fut dur et le mensonge qui a coiffé le rejet ajouta à ma peine. Mais bon, que faire ? J’ai continué ma longue quête pour le travail et heureusement, j’ai été engagé ailleurs. Le rejet est toujours plus lourd lorsqu’il est accompagné d’un mensonge.

Je me rappelle d’une ancienne flamme qui a mis fin à notre relation en me citant une raison tellement vide de sens que je me suis insurgé. Je l’ai fait intérieurement bien sûr, car je n’avais aucune envie qu’elle se sente menacée ou intimidée mais je sais qu’elle a vu un petit voile de colère envelopper mon visage parce qu’elle me prenait pour un idiot. On s’est séparé à l’amiable et quelques années plus tard, on en a parlé et elle m’a avoué qu’elle avait donné une fausse raison. Je lui répondis que je n’étais pas né hier et que je le savais. Jusqu’à ce jour, elle ne sait pas pourquoi elle m’a menti. Franchement, la raison importe peu. Une leçon de plus ; garder son calme est d’une importance capitale.

Le temps qui passe et la maturité aidant, j’ai dû apprendre à accepter les rejets avec un calme digne d’un moine tibétain. Cela a pris des années, je vous rassure. D’ailleurs, que puis-je faire ?  Je suis impuissant face à une personne qui décline mon offre ou mes avances, si on parle de relations. La personne qui initie le rejet a le droit le plus élémentaire de refuser de m’offrir un travail, un service ou son temps. Et j’ai le devoir fondamental de ne pas me fâcher ! La personne dit non ! Elle n’a même pas le devoir de s’expliquer. Elle ne veut juste pas. Si elle m’offre une raison, tant mieux, sinon, tant pis, la vie continue.

Je suis moi-même à l’origine de plusieurs rejets. Disons qu’on est tous bourreaux et victimes, dépendamment du cas. Cette situation, cette dualité unique, devrait nous donner une sorte de compassion, de compréhension et de respect envers ceux qui nous rejettent et ceux qu’on choisit de rejeter.

Cependant, la meilleure chose à faire, le meilleur reflexe que l’on puisse développer face au rejet, est de prendre le rejet avec calme et surtout de faire de l’introspection plus tard. Pourquoi a-t-on été rejeté ? Que s’est-il vraiment passé ? Étions-nous prêts ? Avions-nous tous les attributs nécessaires ? Étions-nous adéquats ? Avons-nous fait fausse route ? Est-ce qu’on voulait vraiment ce poste ou cette personne ? Ces questions sont essentielles, car elles vont nous permettre de mieux comprendre la situation et rectifier le tir pour la future occasion.

Se fâcher, crier, menacer, insulter, s’insurger ne sert à rien. C’est fini. On prend le rejet et on continue sa vie. Je ne dis pas que prendre le rejet avec calme et classe, est facile. Loin de là ! Cela prend de l’expérience et du temps. Surtout, le rejet offre une leçon essentielle : les gens n’ont aucune obligation de nous dire oui. Je sais…Ce n’est pas facile à entendre et encore moins à accepter, mais c’est la vérité.

Qui plus est, si on arrive à gérer le rejet avec calme et retenue, on apprend ainsi à gérer l’adversité. Cette dernière semble être une sorte de maladie mortelle de nos jours alors qu’il s’agit d’une occasion d’aiguiser ses propres sens, la manière de gérer le stress du rejet et le sentiment d’être mis de côté. Certains rejets sont incroyablement injustes. Ils font mal car ils n’avaient pas lieu d’être. En revanche, que je sache, la vie est ainsi faite ; elle est parfois injuste, à divers degrés bien sûr et c’est à nous d’apprendre à vivre avec le rejet et l’adversité qui en découlent.

Qui pense sérieusement que la vie est remplie de cadeaux, de justice en tout temps ou des gens qui ne nous déçoivent jamais, au grand jamais ? Le rejet vient frapper notre naïveté frontalement et de plein fouet. Il s’agit d’un petit rappel que la vie n’est pas sans conséquences et qu’elle n’est pas remplie de gens bienveillants.

Apprenons à gérer le rejet. Restons aussi polis que possible. Une fois rejeté, partir est une bonne décision afin de ne point se lâcher d’une manière décevante ou insultante sur la personne. Gérer le rejet est une force incroyable. On se fait rejeter tous les jours de toutes les façons. Cela fait partie de la vie et le rejet est rarement mortel. On s’en sort bien en général et on apprend à se gérer, du moins, je l’espère.

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

2 thoughts on “LE REJET

  1. Diane Nez

    J’adore.Le sujet est interessant et j adore ta façon de l’expliquer. Si nous pouvions mieux gérer le rejet comme tu le dis, la vie serait plus belle. Merci de partager ta façon de voir le monde.

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    1. Merci infiniment de me lire. Je fais de mon mieux pour partager mon point de vue et le rejet en tant qu’écrivain, disons que cela fait partie du quotidien, mais on persevère comme on peut!

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