CARPE DIEM.

Juillet 2015, Grèce.

Le vent est frais, les vagues viennent s’écraser contre les rochers en faisant un bruit qui ressemble à une mélodie ensorcelante, une musique douce qui titille l’oreille.  Je suis affalé dans une chaise, le regard perdu dans le vide après avoir, tenté, tant bien que mal, de contempler la méditerranée mais les ténèbres sont infiniment puissantes ce soir. Je m’efforce de regarder mais rien n’apparait, à part quelques poches de lumière qui brillent faiblement, telles des bougies à la merci d’un vent fort, prêtes à céder leur place aux ténèbres. Certains diront que Poséidon, le dieu grec de la mer et des océans est toujours le maitre incontesté de cette mer qui sépare l’Afrique de l’Europe. Peut-être que c’est le cas, qui sait.

Les petites poches de lumière au milieu de cette pénombre qui couvre le ciel et la terre, offrent un spectacle fantastique, féerique presque. Je suis perdu dans ce paysage et mes pensées vagabondent au grès du vent qui s’abat sur mon visage. Ce moment de paix et de sérénité m’éloigne de tous les maux actuels (et futurs probablement) que connait mon pays, mon peuple, ma terre, ma famille. La crise financière qui a assommé et anéanti ma Grèce natale, continue à faire des ravages une dizaine d’années. Heureusement, les Grecs, ces grands conquérants des siècles passés, sont solides et résilients. Je m’efforce de ne pas penser à la géopolitique et je laisse Francis Cabrel me bercer au son de « je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai ». Je profite de ce moment de répit qui m’est offert, dans cet enfer qu’est, parfois, la vie.

Et là, au milieu de ce moment sombre mais beau, les méninges commencent à tourner, lentement, doucement, inexorablement, et plus le temps passe, plus ça tourne dans ma tête. Soudainement, les fameuses questions existentielles, que je voulais éviter, pénètrent mon esprit. Elles s’installent et élisent domicile sans préavis, ni intention de payer un loyer quelconque. Je commence à penser à la vie.

Ah la vie ! Capricieuse, incontrôlable, imprévisible, indécise parfois, titubante, presque ivre si on se fie à la manière dont elle fonctionne parfois, si fonctionnement il y a. Est-ce un hasard si le mot ‘vie’ est au féminin ? Sexisme oblige, bien sûr ! Un peu d’humour voyons, calmez-vous, ô âmes sensibles. Ce n’est point un accident non plus, si, comme les femmes, la vie est belle, gracieuse, gentille, maternelle, remplie d’émotions. Elle n’est pas définie, comprise ou même apprivoisée, encore moins domptée. Elle ne se laisserait jamais faire, la jeune femme. Elle est une amazone, une vraie guerrière. Non. Elle n’accepte aucun maitre, elle ne veut que des sujets, sur lesquels, elle peut régner en autocrate, sans partage et sans avoir des comptes à rendre à personne.

Cela dit, j’ai voulu l’étudier, j’y ai mis un peu de mon temps et de mon cerveau. Je me suis retrouvé à avoir plus de questions que de réponses. Il n’y a rien de tel que des questions existentielles pour, comprendre combien, nous avons le malheur de nager dans un océan d’incertitude dans ce bas monde. Certains croiront en Dieu, au destin, au karma, au chaos, et j’en passe. Tous ont peut-être raison et tous ont tort simultanément. Parler de la vie avec une quelconque certitude, aussi minime soit-elle, relève de la folie quasiment.

Et cette vie alors ? A-t-elle un plan ? Est-elle rationnelle ? Se soucie-t-elle de nous ou pas du tout ? Nous considère-t-elle, ne fut-ce que par accident ? Nous veut-elle du bien ? Ou peut-être elle n’en fait qu’à sa tête ? Mille et une questions et aucune réponse certaine. Un univers rempli d’interrogations et de doutes, d’incertitude et d’hésitations.

J’entends dire tout le temps qu’on est maitres de notre destin, mais est-ce le cas ? On est maitres de nos décisions certes, on choisit de tourner à gauche au lieu de la droite, de parler au lieu de se taire ou inversement mais, est-ce, là, maitriser sa destinée ou le courant de sa vie ? Et si on ne fait que les bons choix, mais les malheurs ne cessent d’arriver ? A-t-on fait des mauvais choix ou sommes-nous juste malchanceux ? Un grand nombre de personnes, prennent les bonnes décisions au quotidien mais la vie ne leur sourit pas pour autant…Le bonheur comme le malheur font partie de cette vie. D’ailleurs, je ne pense pas qu’on pourrait apprécier le bonheur à sa juste valeur, si, on n’avait pas de temps en temps une dose de malheur. Nous vivons en espérant que cette dose de malheur ne saurait être énorme, même si, parfois, malheureusement, elle l’est.

La vie nous présente une certaine dualité au quotidien. Le bien et le mal, le jour et la nuit, le yin et yang, la vie et la mort, la femme et l’homme, la pauvreté et la richesse, la paix et la guerre, la bonne santé et la maladie, etc. Ce n’est pas facile de vivre, et, encore moins de survivre dans notre univers tridimensionnel. À trop y réfléchir, on s’y perd. Je me dis que ce serait une bonne idée de ne point poser trop de questions, pour éviter les migraines, et faire de son mieux pour s’adapter à son environnement. Fais ce que dois, advienne que pourra, avec l’espoir que la vie nous sourira. Mais rien n’est moins sûr.

De toutes les façons, la vie a sa propre manière de fonctionner. Elle nous sourit et le lendemain, elle peut décider de changer d’avis. Comme je l’ai dit tantôt, elle n’en fait qu’à sa guise, telle une amazone. Il faut se rappeler qu’elle ne nous prévient guère, quand un malheur sonnera à notre porte, et encore moins quand la mort, cette ultime fin viendra nous chercher. Je me dis que le seul contrôle qu’on a, est la manière d’affronter les mauvais coups et apprendre de ces mauvaises expériences. Rester optimiste est un mode de vie pour moi. Cela ne veut pas dire que la vie nous garantira quoi que ce soit. Cependant, on sourit et on continue à vivre. Le reste, entre vous et moi, n’aucune importance.

La seule leçon de la vie que j’ai retenue, est simple et disons que j’essaie de vivre par ce code au quotidien, : Carpe diem (quam minimum credula postero). Traduction :cueille le jour présent sans te soucier du lendemain.

Essayons de vivre aujourd’hui en espérant que demain nous sourira. Continuons à vivre, car, la vie, elle, continuera à être là….

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

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