COMPLIMENT OU FLATTERIE ? AMI OU COURTISAN ?

Cette histoire est née d’une conversation que j’ai eue avec une jolie jeune dame. Elle et moi sommes simplement des connaissances pour signifier que notre tout premier échange donna naissance au sujet d’aujourd’hui. La dernière fois que l’on s’est vus, je l’ai regardé, et je me suis retrouvé à la contempler. Elle est très belle et je ne puis m’empêcher de lui dire un simple, et franchement, innocent « Tu es très belle ». Sa beauté et sa grâce sont impossibles à rater.

Personnellement, je suis quelqu’un de volubile et surtout, j’aime bien donner des compliments aux gens, seulement quand je trouve que cela est approprié. Je ne vais pas dire à une personne qu’elle est belle ou qu’elle est bien habillée lors de l’enterrement d’un de ses parents ! Ça va quand même ! Le contexte compte énormément lors de toute discussion. Je ne cherche aucunement à flatter mais simplement à dire quelque chose de positif. Et mes compliments ne sont jamais à la recherche d’une quelconque réciprocité. Je dis ce que je vois et je ne cherche aucunement un retour d’ascenseur qui impliquerait des bisous ou un tour chez moi ou chez elle pour des activités nocturnes à des fins orgasmiques. Un compliment est un compliment, c’est tout.

Une fois que le compliment fut lâché, j’ai remarqué que la jeune dame fut inconfortable. Ne désirant pas la mettre encore dans un embarras quelconque, je lui ai demandé si ma phrase l’avait incommodé. Je fus surpris par sa franchise car elle me répondit par la positive. Par la suite, on s’engagea dans une longue conversation sur la culture burundaise, les compliments et la réalité d’être une femme dans la société burundaise. Elle m’avoua qu’elle fut élevée dans la méfiance des compliments et surtout des hommes qui viendraient lui parler en offrant des éloges. Elle me raconta, d’une manière assez candide, combien son père l’avait prévenu que les compliments seraient un moyen de la berner, de l’amadouer, de la séduire.

Je lui avouai que je comprenais le fond de ce que son père avait tenté de faire, sans toutefois être d’accord sur la forme. Je ne trouvai pas que créer une méfiance naturelle, était juste ou judicieux. En même temps, je suis un gars et je ne reçois jamais autant de compliments que les femmes. Ensuite, nous entrâmes dans une discussion dont le but était de faire la différence entre « compliment » et « flatterie ». Disons que le contraste entre ces deux mots, qui se ressemblent assez, est de taille.

Un compliment est « action de féliciter quelqu’un d’un mérite quelconque ; paroles louangeuses, éloges, félicitations ». Un compliment est accompagné de vérité et d’un mérite. Un compliment n’est pas une platitude. Un compliment est rempli de bonnes intentions.

Quant à la flatterie, le verbe flatter se définit comme « Chercher à plaire à quelqu’un par des louanges excessives, intéressées » et « Faire paraître quelqu’un plus beau que dans la réalité ». Une flatterie n’est pas sans intérêt, du moins d’une manière générale car la flatterie est un compliment en soi, mais il s’agit d’un compliment qui a un but précis. La flatterie peut être utilisée pour duper, pour aveugler temporairement la personne.

Alors, comment faire la différence entre un compliment et une flatterie ? Quand est-ce qu’une personne offre un compliment, désintéressé, généreux par son fond et sa forme, sans arrière-pensée ni malice ? Et surtout, quand est-ce qu’une personne cherche à flatter, à berner, ou à offrir ces flatteries afin de gagner des faveurs ? Comment sait-on que l’on est devant une personne qui ne cherche rien ? Comment sait-on qu’on ne s’adresse pas à un courtisan ? Pas facile tout cela !

Jean de La Fontaine l’avait bien dit : “tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute”. À la fin de la fable, “Le corbeau et le renard”, on se sent navré pour le pauvre corbeau, qui laissa tomber son fromage parce qu’il voulut chanter et on se retrouve à admirer le renard, ce mammifère rusé, qui poussa le corbeau à chanter. Le renard flatta le corbeau et exagéra dans ses compliments (la définition même de la flatterie) afin d’avoir le fromage. La flatterie avait un but précis et on sait tous qu’un corbeau chante aussi faux que Bianca Castafiore, le fameux rossignol milanais dans les aventures de Tintin.

Cette fable a certainement renforcé ma méfiance envers les courtisans et les flatteurs ambulants, ces reptiles qui n’ont qu’un intérêt : le leur. Je ne suis pas de ceux qui se méfient des gens en général, mais quand je sens les flatteries s’accumuler, alors, mon sixième sens s’allume et je me retrouve en alerte maximale. Bien sûr que je n’aime guère être berné et j’essaie de savoir si ces compliments ou flatteries sont réels ou simplement des paroles vides afin que je morde à l’hameçon et me retrouver à la merci de mon interlocuteur. Finalement, je comprends mieux la jolie jeune dame. Je me dis qu’elle a entendu ces compliments, ces flatteries toute sa vie et cela l’a poussé, quelque part, à se mettre sur la défensive. Mine de rien, je la comprends.  

Qui n’aime pas recevoir des compliments ? On les aime tous, à divers degrés. Être flatté, entendre dire que l’on est beau, bien habillé, respectueux, gentil, que la personne a aimé un texte que l’on a écrit, etc. Les compliments, surtout s’ils sont sincères, sont toujours les bienvenus et ils sont inoffensifs. Ça fait partie de la nature humaine : vouloir plaire, être complimenté, séduire, être séduit(e), etc. Il n’y pas de mal à cela.

En revanche, les flatteurs sont dangereux sur le long terme car ils disent rarement la vérité. Ils nous racontent ce que l’on veut entendre et comment pourrait-on s’améliorer en tant qu’individus, si nos amis ne font que chanter nos louanges ? Comment aller de l’avant si chacun de nos gestes, même le plus maladroit, est applaudi ? Seules les personnes avec une estime de soi aussi basse que les plaines de l’Imbo voudront être entourés de courtisans et de flatteurs de tout acabit.

Je me méfie des flatteries et j’ai un dégoût assez prononcé pour les courtisans. Je n’aime guère ces derniers. Ils ne sont pas nombreux, mais ils existent. Ils ne se cachent pas et ils utilisent la flatterie, l’éloge, les compliments pour amadouer et berner. Avec le temps, ils deviennent facilement repérables.

Autrefois, les courtisans (ces personnages qui défilaient dans la cour royale) entouraient le roi/la reine et disaient tout ce qui sonnait agréable à son illustre oreille afin d’être dans les bonnes grâces de sa majesté́ ! Inutile de dire les erreurs ou abus que sa majesté́ pouvait facilement commettre faute de garde-fous ou de bons conseillers.

Personnellement, je préfère les vrais amis, ceux qui n’hésiteront pas à me rappeler à l’ordre, ceux qui ne se gênent pas quand il s’agit de me dire que j’ai pris le mauvais chemin ou que j’ai commis une faute. Je préfère avoir à mes côtés des individus qui n’ont pas peur de moi, ni de me dire la vérité en face, surtout cette fameuse vérité qui fait mal mais qui est, ô combien nécessaire. Je veux avoir à mes côtés ceux qui me disent sans avoir peur « Freeman, t’as déconné, tu t’es trompé, ne refais plus jamais ça. »

Méfiez-vous de ceux qui applaudissent sans arrêt et à tout-va. Ils ne veulent probablement que leur bien, pas nécessairement le vôtre ! Le temps aide les gens à se révéler. Soyez patients et vous allez pouvoir différencier le courtisan de l’ami, le compliment de la flatterie.

Je vous souhaite d’avoir de vrais amis, et non des courtisans !

Enfin, ce n’est que mon humble avis !

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

2 thoughts on “COMPLIMENT OU FLATTERIE ? AMI OU COURTISAN ?

  1. Merci pour ce texte. Parfois, la ligne est très fine pour dissocier flatterie et compliment. Le fait de ne pas savoir les intentions premières de ton interlocuteur (parfois celui-ci étant un étranger) peuvent t’emmener à mal interpréter ce qui était supposé n’être qu’un compliment de bonne foi. Mais bon 😀🤷🏽‍♀️… Pour ce qui est des amis, oh oui… un monde tout rose ne nous aiderait pas trop à s’améliorer.

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    1. Je dis toujours que vivre cette vie étrange sur notre planète nous apprend sur la nature humaine. Avec un peu de chance et surtout une bonne dose d’expérience, nous saurons reconnaître l’ami du courtisan et le compliment de la flatterie. Qui vivra verra, n’est-ce pas? Un jour à la fois, une rencontre à la fois, une expérience à la fois.

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