LA JALOUSIE, CE VIRUS !

Je n’ai pas honte de l’avouer ; il m’arrive d’être jaloux de certains individus. Oh que oui ! Il n’y a pas si longtemps, je voulais éviter de penser à ce sentiment qui m’indisposait comme les foules indisposent grandement les agoraphobes. Comme la plupart des gens, je voulais éviter de penser à tout prix aux sujets qui me dérangeaient. Le déni de la jalousie, ou plutôt les causes de cette dernière, était viscéral, primitif, instinctif. On aurait dit qu’il y avait une pancarte sur laquelle j’avais marqué « Jalousie ? À éviter, Freeman ! ». Il fallait que j’ignore ce sentiment. Mais, j’ai fini par l’affronter, et qui plus est, mon attaque fut frontale.

Je me rappelle une fois où j’étais avec une ancienne flamme sur la terrasse d’un bar, un après-midi du mois de Juillet. On ne faisait que rigoler, s’embrasser, déconner et siroter nos boissons respectives, à savoir un cocktail de jus pour moi et un whiskey pour ma bien-aimée. Je me rappelle aussi voir son ex-copain arriver dans une nouvelle voiture dont la luxure n’avait d’égal que son prix. Je me rappelle avec une clarté édifiante, comment la jalousie et l’insécurité envahirent mon corps en une fraction de seconde. Il faut dire que l’enfoiré a tout fait pour se faire remarquer. Il avait mis la musique à fond et en arrivant à toute vitesse pour freiner à la dernière minute, poussant ainsi les pneus de sa voiture à émettre des cris qui surpassèrent les décibels de la musique émanant de sa voiture.

Je me rappelle aussi parfois être jaloux de la visibilité de certains artistes avaient sur les réseaux sociaux. Je me rappelle être jaloux des actifs d’autres personnes, de leur style vestimentaire. Il m’arrive parfois d’être jaloux des parcours académiques des autres. Il m’arrive parfois d’être jaloux des relations des autres, de leur forme physique, de leur personnalité tranquille et affable. Oh, je n’ai aucune honte de l’avouer ! J’admire et parfois j’envie les gens qui semblent être en paix avec eux-mêmes et le monde extérieur. Je travaille sans relâche pour atteindre un certain seuil de paix intérieure, et je travaille sans pause syndicale afin d’être gentil et affable avec les gens, surtout quand ça ne me tente pas, comme on dit au Québec. Donc quand je vois une personne qui a atteint ces seuils alors que je continue à me battre avec acharnement pour y arriver, j’avoue qu’une jalousie d’une taille infinitésimale envahit mon cœur.

Quand j’y pense, et j’y ai longuement pensé, je vous rassure, la jalousie n’existe que dans mon cerveau et dans mon cœur. La jalousie ne fait qu’attiser le feu créé par mes insécurités. MA JALOUSIE m’appartient car elle est une création de mon égo. C’est tout. Inutile de chercher midi à quatorze heures. Il n’existe qu’un seul coupable : moi.

Certes, la jalousie est renforcée par le monde extérieur mais ce dernier n’est pas à blâmer entièrement. Je pourrais citer d’autres facteurs externes mais ils ne sont aucunement responsables et encore moins coupables de la manière dont je traite ma personne et de la manière dont je me sens. Le monde extérieur ne devrait pas avoir une telle emprise sur ma personne. Il m’appartient de bloquer cette influence externe et parfois néfaste. Oui, je fais partie de ces gens qui croient avant tout à la responsabilité personnelle. Je déteste blâmer les autres même si, dans le passé, je fus quand même doué quand il s’agissait de blâmer autrui au lieu de regarder à l’intérieur de ma personne. En même temps, regarder à l’intérieur de soi, n’est pas facile, car on risque de voir certaines choses que l’on n’aime pas. Il faut une certaine force intérieure pour affronter ses défauts et ses lacunes. Surtout, cette force de se regarder en face objectivement est une force que l’on acquiert, elle ne tombe pas du ciel.

Ainsi, j’ai dû trouver mes failles et les accepter. Ces failles ne me quittent pas, elles seront toujours avec moi, telle une ombre mais je refuse qu’elles deviennent une ancre. Je dois apprendre à gérer ces failles qui émanent de mes insécurités. Il a fallu que j’accepte que la vie et l’avis des autres ne me concernent pas. Les seules choses qui importent sont mes actions, mes paroles, ma manière de penser et mon comportement.

La belle voiture de cet ex de mon ancienne flamme ? Elle est le fruit de son travail, il l’a achetée car il a les moyens de le faire, ce qui n’est pas mon cas. Pourquoi le blâmer ? Pourquoi me sentir inférieur ? Lui et moi ne sommes aucunement pareils et nous ne le serons jamais ! Il dépense son argent comme bon lui semble. C’est sa vie, et non la mienne. Aussi simple que ça.

La visibilité des autres artistes ? Une telle envie mal placée ne fait que me distraire. Ma jalousie a créé un problème qui, au fond n’en est pas un. Les œuvres des autres n’ont rien à voir avec mon œuvre. Leur visibilité est la leur et être plus visible n’est qu’une question d’optique et non de compétence ou de talent ! Ce qui importe pour moi est mon œuvre. Mon écriture, mes textes et mes audios sont les seules choses qui importent et non ce que les autres font. Penser à eux n’est qu’une distraction ! Aussi simple que ça. Que les dieux les gardent et qu’ils continuent à travailler sur leurs oeuvres.

Le style vestimentaire des autres ? Je me dis que j’étais malade quand j’ai pensé à cela. Mes jeans, mes t-shirts et mes sneakers me vont à merveille et me suffisent. Les actifs des autres ? Je n’ai qu’à obtenir mes propres actifs, enfin, si je désire les mêmes actifs que les autres et j’ai découvert après avoir travaillé pendant une décennie dans le domaine bancaire, que ma conception de l’argent et des actifs est taillée sur mesure pour ma personne. La forme physique des autres ? Pfff. Je n’ai qu’à faire du sport régulièrement, arrêter le coca et manger mieux. Parfois la génétique entre dans le jeu et là, on ne peut absolument rien faire ! Comment fus-je jaloux de cela ? Je me dis que j’avais du temps à perdre.

Jaloux du parcours académique des autres ? Je déteste la rigidité du système éducatif mais j’adore apprendre. Mon cerveau n’aime pas les limites et la création est mon domaine de prédilection. Être jaloux du parcours académique des autres ? Ce n’est pas mon parcours, encore une fois, cela n’a rien avoir avec moi, ni mes plans, ni mes préférences. Jaloux des relations des autres ? Je n’ai qu’à avoir de meilleures relations en étant meilleur moi-même en tant qu’individu avant tout. C’est tout. Encore une fois, je suis responsable de ma vie, de mes actions, de mes choix et de mon comportement.

J’ai fait le tour de ma jalousie et toutes les ramifications qui vont avec. Après quelques questions existentielles dûment posées, et une objectivité minime, j’ai remarqué que la jalousie est franchement une perte de temps monumentale.

La jalousie, ce « dépit envieux ressenti à la vue des avantages d’autrui », selon le Larousse, est une tare. La jalousie est une maladie fatale sur le long terme car elle nous détourne du travail interne et personnel que l’on doit faire, afin de s’améliorer. La jalousie n’est qu’une infection qui ronge tous les organes de l’intérieur dans le but de tuer son hôte mentalement avant de l’achever physiquement, une fois pour toutes. La jalousie fait partie de ces vilains défauts qui ne possèdent aucun avantage. C’est un sentiment d’une efficacité quasi-mortelle, d’une prévalence catastrophique.

Être jaloux n’amène que désarroi, pessimisme et amertume. Cependant, avant tout, la jalousie ne fait que nous distraire. Un esprit distrait ne peut pas fonctionner efficacement. La jalousie nous pousse à penser constamment aux autres au lieu de penser à notre personne. La jalousie n’est qu’une création de notre esprit. Il s’agit d’un sentiment négatif difficile à dompter. Cependant, il est domptable. Il faut simplement être honnête avec soi-même et se concentrer sur sa vie et non sur la vie des autres. On doit apprendre à être en paix avec ses propres choix.

J’ai dompté ma jalousie, tant bien que mal. Elle n’a pas disparu, non, surtout pas. Elle resurgit de temps à autres mais je la prive de l’oxygène ambiant et sa flamme se meurt lentement, doucement mais sûrement.

Enfin, ce n’est que mon humble avis !

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

3 thoughts on “LA JALOUSIE, CE VIRUS !

  1. MaLik

    J’ai adoré ce que vous avez écrit et je pense que la jalousie est humaine : un point commun entre nous tous et quelques fois elle est nécessaire pour avancer dans la vie car être jaloux d’une personne, ça aide vraiment et incite à travailler dur pour atteindre ce qu’il a pu faire , c’est ce qu’on appelle la jalousie productive mais ça demeure toujours un avis personnel et je sais pas si d’autres partagent mon avis.

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    1. Justement, il faut trouver l’équilibre entre la jalousie “productive” et la jalousie commune que j’appelerais néfaste. Cette ligne entre les deux jalousies est dangereusement fine et il est un peu trop facile d’aller vers le bord néfaste. Je me dis que si on garde une bonne dose d’amour propre, les choses restent positive. Excellent point que tu as soulevé cher Malik.

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    2. Justement, il faut trouver l’équilibre entre la jalousie “productive” et la jalousie commune que j’appelerais néfaste. Cette ligne
      entre les deux jalousies est dangereusement fine et il est un peu trop facile d’aller vers le bord néfaste. Je me dis que si on garde une bonne dose d’amour propre, les choses restent positive. Excellent point que tu as soulevé cher Malik.

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