GRAND PETIT JOE NOUS A TANT APPRIS ET ENCORE…

La mort est le plus grand mystère de l’humanité. Je ne pense pas qu’il existe quelque chose de plus effrayant et de définitif malheureusement. Bizarrement, aussi terrifiés que l’on soit et qu’on le veuille ou non, quitter ce monde est inévitable.

C’est pour cela que vivre est important. Satisfaire les besoins basiques et fondamentaux ne veut en aucun cas dire vivre. Certes, se défaire du stress matériel est une priorité primaire qui habite notre cerveau primitif. On doit manger, boire, avoir un toit, se sentir en sécurité, etc. Couvrir ces besoins est primordial. Mais cela n’est pas synonyme de vivre, absolument pas.

Nous savons tous que la vie est courte, mais que faisons-nous pour vivre cette vie ? Que faisons-nous pour la savourer ? Il faut vivre. Il faut oser, il faut être et non paraitre, il faut prendre des risques, il faut surtout et avant tout, être en paix.

Grand Petit Joe avait trouvé la paix interne, ce sentiment que l’on recherche tous mais que seulement une petite minorité trouvera au cours de la vie sur la planète bleue. Il était en paix avec lui-même. Il était en paix avec la personne qu’il était. Et, il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour transmettre cette paix. Il savait que la paix était trop précieuse pour qu’il la garde seulement pour lui. Il n’était guère avare notre Grand Petit Joe.

Il prenait des risques car il parlait à tout le monde, sans prétention ni sentiment de supériorité. Il adressait la parole à toute personne avec le même respect et le même intérêt. Parler à une personne que l’on ne connait pas, est un risque car cette personne peut nous rejeter, nous ignorer, être impolie, être hautaine, et j’en passe. Cependant, notre Grand Petit Joe n’en avait cure. Il tenait à offrir cet amour qui émanait de lui. Il tenait à offrir gracieusement aux autres cette humanité qui l’habitait et ne le quittait jamais.

Nous avons ici à Montréal, la chance d’avoir un groupe d’amis, et ce depuis presque 20 ans maintenant. Au-delà de notre âge collectif quelque peu avancé, on considère que l’on forme une famille. On adore être ensemble, faire la fête mais on adore s’entraider tout autant lors des moments difficiles. Depuis que notre cher Grand Petit Joe nous a quitté, on se parle plus souvent et on partage des photos, des vidéos et des souvenirs que l’on a eus avec lui. Et avec le temps, après le partage de ces mémoires virtuelles, nous avons commencé à parler de nos sentiments. On a commencé à parler de notre état d’esprit et de la panoplie d’émotions que nous ressentons ces derniers jours.

Quel coup de maître de notre petit frère ! Grand Petit Joe a encore frappé fort ! Grâce à lui, nous, burundais, les gens qui ont cette énorme qualité à ignorer leurs sentiments, on s’est retrouvés à parler ouvertement de notre peine, de notre chagrin, de nos regrets, de notre amour pour notre Grand Petit Joe. On a parlé ouvertement et sans faux-fuyants de l’amour et la solidarité qui règnent entre nous. Les fameux « je vous aime » sont devenus monnaie-courante entre nous. Cela, c’est l’héritage de notre Grand Petit Joe car il n’hésitait jamais à dire aux gens « je t’aime ». Il le disait avec joie et fierté.

Grand Petit Joe nous a rappelé que la vulnérabilité n’était pas un défaut, loin de là ! Il était lui-même l’apôtre de la vulnérabilité. Il parlait ouvertement. Il était vulnérable. Il parlait de sa joie, de son désarroi, de ses peurs, de ses rêves et il le faisait avec une ouverture d’esprit qui ne peut que faire des émules. Il parlait de ses sentiments sans gêne et sans peur. Une leçon de plus que l’on a sûrement ignoré quand il était encore parmi nous. Une leçon de plus qui vient s’ajouter à cet héritage énorme qu’il laisse derrière lui. Grâce à son exemple tranquille mais rempli d’énergie, on a commencé à être vulnérables. Qui sait…peut être que cette vulnérabilité est là pour rester. Peut-être que grâce à son exemple, dorénavant, on sera encore plus conscients de nos émotions et nos sentiments, qu’ils soient négatifs ou positifs. Sa main invisible est toujours active. Elle nous touche avec délicatesse et on se remet en question, pour mieux avancer.

Chaque fois qu’on le voyait, il nous apprenait quelque chose mais nous étions quelque part absents ou plongés dans nos propres pensées pour bien saisir le message qu’il nous transmettait. Son message d’amour et de paix continue à resonner, maintenant plus que jamais. Il incarnait la paix et cette dernière ne le quittait jamais. Que faudrait-il faire pour avoir ne fut-ce que 1% de sa paix ? Comment vivre une vie aussi paisible que la sienne ? Sa paix était contagieuse et elle amenait une joie inattendue, car la paix possède cet effet euphorique. Personnellement, et je sais que je ne suis pas le seul, je ne connais personne qui aurait l’audace de clamer que rencontrer notre Grand Petit Joe était une tare. Le voir était une joie, un plaisir absolu.

Une autre chose ; notre Grand Petit Joe croyait fermement que le corps était simplement un contenant pour l’âme, rien de plus, ni de moins. Il croyait dur comme fer que l’âme était immortelle. Il croyait que la mort n’était qu’un passage obligé de ce parcours infini qu’est l’immortalité de l’âme. Il en parlait souvent. Il aimait ces discussions profondes sur divers sujets sérieux. Il aimait transmettre son message d’immortalité de l’âme. Ce message n’avait qu’un seul but ; nous rassurer.

Il voulait que l’on sache que la mort n’était pas à craindre. Il voulait que l’on oublie cette peur afin que l’on puisse vivre et non exister. Il voulait que l’on soit en paix avec la dernière étape de notre vie, qu’elle soit lointaine ou proche. Nul ne connait le moment de sa mort. Néanmoins, vivre, être digne, aimer, savourer la vie, se comporter avec amour et décence, respecter autrui, cela est du ressort de tout un chacun. Notre Grand Petit Joe était la personnification parfaite du verbe vivre.

Cela fait moins d’une semaine qu’il n’est plus des nôtres. Nous l’avons connu et nous sommes infiniment chanceux de l’avoir rencontré. Nous sommes bénis de l’avoir côtoyé. Nous aurions aimé le garder encore quelques décennies de plus mais le destin ou Dieu en ont décidé autrement.

Une dernière chose ; la personne que Grand Petit Joe était, n’est pas un hasard. Sa personnalité fut construite doucement et solidement grâce à l’amour de sa merveilleuse maman dont la force ne peut être décrite adéquatement. La personnalité de notre cher Grand Petit Joe fut fortifiée par son frère et sa sœur, ces gens formidables, qui l’ont aimé et l’aiment toujours. Grand Petit Joe doit sa grandeur, partiellement bien sûr et sans jouer avec les pourcentages, à sa formidable famille, la même famille qui ne cesse de célébrer sa vie malgré le départ prématuré de leur Grand Petit Joe. Il ne serait pas l’homme qu’il fut sans eux. Leur amour, leur respect, leur disponibilité, leur considération, leur appréciation, leurs valeurs humaines hors du commun, leur humanité sont infinis. Isase riva ku cuma. Grand Petit Joe arafise ahantu yakuye ubuntu bwiwe, yabukuye mu muryango wiwe.

L’héritage de notre Grand Petit Joe continuera à se révéler avec le temps. Cela est une certitude.

Grand Petit Joe, je sais que tu rigoles en ce moment avec une bière dans une main, une brochette dans l’autre et tu c-walk trop trop bien sana !

On t’aime et on t’aimera à jamais. Merci pour toutes ces leçons !

Freeman. B

2 thoughts on “GRAND PETIT JOE NOUS A TANT APPRIS ET ENCORE…

  1. Sandrine

    Oui, Freeman comme tu le dis si bien, Joe avait une grandeur d’âme et c’est ce qui le rendait si spécial et unique.
    Merci pour ce vibrant hommage à notre cher Joe.
    Il savait vivre le moment présent et c’est ce qui lui donnait cette énergie positive qui émanait de lui qui faisait en sorte qu’il ne pouvait être superficiel! Dans sa présence, tu te sentais écoutée et vue.Tu as raison de dire que Joe venait aussi d’une famille extraordinaire(Sa maman , Billy et Samy) et cette dernière a contribué à façonner cette Humanité de Joe.
    Il y a 20 ans, sa famille m’a adopté. Sa maman me voyant seule, m’a naturellement pris sous son aile et je peux confirmer ce que tu écris : « Arafise aho yakuye Ubuntu »!
    Merci Freeman! Wigumye !

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