LE DÉSARROI DES HOMMES.

Il y a des sujets dits sensibles. Ils sont désignés ainsi car ils sont porteurs de controverse, ce virus qui semblerait être plus dangereux que le coronavirus, alors qu’il n’en est rien. Personnellement, il n’existe pas de sujets tabous. On parle de tout et de rien, n’en déplaise à la police de la pensée, cette force invisible qui cause des ravages parce qu’on baisse les bras au lieu de l’attaquer frontalement quand elle s’autoproclame impératrice. Sur mon blog, on parle de tout et de rien. C’est une loi immuable et immortelle.

J’ai longtemps été témoin et je le suis toujours d’ailleurs, du désarroi des hommes. Ce sujet risque de provoquer moqueries et indifférences, j’en suis conscient. Je ne suis pas ici pour parler des origines de ces maux qui affligent les hommes. Je ne veux aucunement parler de la guérison car je ne suis pas psychiatre, ni psychologue ou thérapeute. Je veux parler du désarroi psychologique des hommes émanant du silence. Il existe une omerta digne de la mafia calabraise quand il s’agit de sentiments, d’émotions et de la santé mentale des hommes. Je dirais même plus, que le silence n’est rien par rapport à la honte qui est associée à toute faiblesse psychologique qu’un homme peut traverser. Je parle d’hommes jeunes et moins jeunes, qui se retrouvent à gérer des émotions tant bien que mal alors que personne ne leur ait appris à reconnaître ces émotions pour commencer.

Je le dis en connaissance de cause. Je suis un homme. J’ai grandi dans un milieu enveloppé par ce silence, cette honte omniprésente et l’inaction qui causent notre désarroi. Les coupables de ce climat étouffant sont légions. On dirait que les sentiments sont réservés aux femmes et franchement, je trouve cette pensée extrêmement sexiste, emplie d’ignorance et de bêtise, et elle ne fait qu’aveugler les gens au lieu d’apporter une solution.

Apparemment, les hommes n’ont pas de cœur et leurs sentiments sont blindés. Les hommes n’ont jamais mal et ils vont toujours bien. Foutaises ! Le désarroi, le chagrin, les peines d’amour, la honte, la dépression, l’anxiété et tous ces autres sentiments négatifs que vous connaissez si bien, ne sont guère réservés aux femmes ou aux hommes. Ils touchent tout le monde, sans discriminer et sans faillir. Je ne vous apprends rien. On évite simplement d’en parler.

Je connais des hommes qui sont à genoux mais ils n’osent pas en parler. Je connais des hommes qui sont à bout mentalement et psychologiquement mais ils doivent être stoïques car la société et un certain machisme l’exigent. Je connais des hommes qui plongent dans la pénombre créée par l’alcool, les drogues et les comportements autodestructeurs. Je connais des hommes qui sont dépressifs, qui sont anxieux, qui vivent des divorces difficiles, qui se battent pour avoir la garde de leurs enfants ou tout simplement afin d’avoir des droits de visites auprès de leur progéniture. Je connais des hommes qui vivent des peines d’amours qui les terrassent. Je connais des hommes qui ont du mal à se remettre de la mort d’un parent, d’un frère, d’une sœur, d’un enfant, d’un ami. Je connais des tas d’hommes qui sont mal en point, et vous en connaissez tous autant. Est-ce une surprise si les hommes représentent 75% des suicides ? Il est vrai que l’on n’a pas la même empathie envers les hommes quand ils souffrent.

Je vois déjà des idiots sauter sur l’occasion et nous rappeler que les hommes sont les responsables principaux des malheurs du monde car ce sont les hommes qui gouvernent le monde, qu’on le veuille ou non. On va me dire « ce sont les hommes qui commettent le plus de crimes ». Les statistiques prouvent que les hommes sont responsables d’une bonne partie des malheurs du monde. Soit. Mais est-ce que cela veut dire que tous les hommes qui se suicident le méritent ? Pour chaque suicide, il y a un enfant, un père, un frère, un fils, un mari et un ami qui disparait. Est-ce que tous les hommes qui souffrent sont des vilains qui cherchent à détruire le monde ? Sont-ils tous des monstres qui méritaient leur sort ? Je ne demande aucune pitié et je ne suis pas en train de me plaindre.

Je veux simplement parler d’un problème qui touche près de la moitié de l’humanité. Mon texte n’est pas sexiste même si je parle des hommes exclusivement. Mon texte est humaniste. Je parle des humains. Je parle de gens, de personnes vivantes et qui méritent notre attention et considération. Je parle de gens que vous connaissez et qui vous sont proches. Je parle de gens qui ont peut-être besoin d’aide. Et je ne suis pas en train de demander aux femmes de nous servir d’aide ou de guérison. Ce n’est aucunement le but de mon texte, on se calme. Les hommes devront gérer eux-mêmes leurs problèmes mais avant tout, il faudrait qu’ils les reconnaissent. Il faut que l’on accepte que notre incapacité occasionnelle à gérer nos sentiments et les problèmes qui en découlent, nous handicape. Tel est le but de mon texte. Si vous l’interprétez autrement, je ne vous en tiendrais pas rigueur. Chacun a sa manière de voir les choses.

Je me rappelle quand j’étais adolescent, entendre des garçons de mon âge se foutre de ma gueule parce que j’avais un chagrin d’amour. Je me rappelle quand j’étais dans la vingtaine, des hommes de mon âge, se foutre de ma gueule parce que j’avais honte, peur ou parce que j’étais timide (oui je suis timide !). Je pourrais donner des centaines d’exemples où nier l’existence de mes sentiments était recommandé. Il fallait les nier ou les atténuer afin d’être un homme. À chaque fois que je m’insurgeais contre ces pensées archaïques, je devenais une sorte de paria ou de mauviette.

On dirait qu’être un homme est conditionnel au silence, à l’ignorance de notre être, de notre cœur, de notre âme, de notre amour propre. Nous, les hommes, avons une grande part de responsabilité. Le statu quo persiste car on lui permet d’exister et de fleurir on dirait. Nous devons arrêter ces sottises. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes responsables de nos sentiments et nous avons le devoir de reconnaitre ces derniers, de les comprendre, de les analyser et de le gérer. Nous aurons besoin d’aide au cours de cette quête mais le travail ne sera accompli que par nous-mêmes, les hommes.

J’en ai ras le bol. Je n’en peux plus. Je ne veux plus voir cette manie qui dure depuis la nuit des temps, ce mensonge qui est devenu une réalité, cette illusion créée de toutes pièces qui nous ronge l’esprit, qui nous affaiblit, et qui noie notre énergie. J’en ai marre que l’on se dise forts sans toutefois comprendre que la force réside dans la connaissance et maitrise de soi. J’en ai marre d’entendre que les hommes ne doivent pas être faibles, vaincus, défaits, tristes, perdus, anxieux. J’en ai marre qu’on nous dise que l’on ne doit pas avoir mal. Je ne veux surtout pas entendre des imbéciles clamer haut et fort qu’un homme ne doit pas avoir le cœur brisé et si c’est le cas, qu’il ne faut pas que ça dure. À croire que nos cerveaux et nos cœurs ne sont pas emplis d’émotions ou de sentiments.

Cette satanée mascarade a assez duré. Elle est destructive et nous empêche d’être honnêtes avec nous-mêmes. Elle nous empêche de parler ouvertement et reconnaitre que nous sommes des êtres à part entière, avec des hauts et des bas. La mascarade existe à cause du silence, qui lui-même provient probablement de la honte à reconnaitre une certaine faiblesse naturelle que nous possédons et qui fait surface de temps en temps.

Il est temps de parler des choses qui nous torturent. Il est temps de parler de notre peine, de notre chagrin, de nos insécurités, de nos erreurs, de nos peurs, de notre côté humain, sans honte ni remords. Personne ne devrait avoir honte de ses sentiments et nous devrions nous encourager mutuellement à en parler. Le chemin est long et afin d’arpenter ce dernier, nous avons besoin d’une force incroyable.

On ne pourra jamais arpenter le chemin ou faire des progrès si le silence, la honte et l’indifférence sont les seuls carburants pour notre moteur.

Parlons. Avouons. Soyons à l’aise avec nos défauts. Soyons vulnérables. Cela n’amènera que du bien à notre âme et nos relations interpersonnelles en sortiront grandies et apaisées.

Commencez par créer un climat de confiance et sans jugement avec votre entourage. Et pour la énième fois, la thérapie pour ceux qui en ont les moyens et l’opportunité, est une solution dont les bénéfices sont garantis.

Enfin, ce n’est que mon humble avis !

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

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