C’EST DE LA TORTURE AU FAIT!

Mon père me disait toujours de lire autant que possible. J’ai eu l’incroyable bénédiction de grandir dans un foyer où les livres étaient éparpillés partout, dans un désordre qui, parfois, rarement certes, irritait ma mère, dont l’allergie au désordre est légendaire. Mon père renouvelait aussi avec plaisir mon abonnement à l’alliance française, une bibliothèque qui se situait derrière la cathédrale Regina Mundi, dans la capitale économique du Burundi. J’ai toujours adoré lire et cet amour s’est transformé en amour pour l’écriture. Un grand merci à mes parents extraordinaires pour avoir entretenu et encouragé cette activité qui m’a tant appris.

Mon père et ma mère lisait aussi. Cependant, mon père ne lisait probablement pas autant qu’il le souhaitait. Il travaillait énormément. Au Burundi, il faisait des journées de 12 heures de travail minimum, parfois plus. Le beau gosse qu’il a toujours été et qu’il est encore, est médecin gynécologue de formation. Ma mère est infirmière, une autre vocation qui exige de longues heures de travail et un dévouement aux patients que l’on ne pourrait guère mesurer.

Quand ma mère travaillait en Grèce, elle faisait ces longues heures de travail qui la laissaient exténuée. Elle travaillait les soirs parfois donc je vous épargne les nuits blanches. Elle rentrait le matin, déposait à peine son sac et elle nous amenait à l’école mon frère et moi. Mon père partait finir sa résidence de gynécologie et parfois il travaillait quelques heures. Mes parents sont l’exemple parfait de la définition la plus parfaite du mot composé « travailleur acharné ». J’ai toujours admiré leur éthique professionnelle et leur sens du travail. Je suis certain que la définition du mot « paresse » leur échappe. C’est grâce à ces années de travail que j’ai pu avoir une vie confortable et je ne les remercierais jamais assez pour leurs sacrifices.

Pourquoi est-ce que je parle de lecture ? L’un de mes exercices préférés quand j’étais adolescent, et cela date de quelques siècles, j’ouvrais le dictionnaire au hasard et je le lisais. Je sais, il n’existe pas plus geek que moi ! Que puis-je dire ? Je suis un amoureux des langues et j’ai la chance d’en parler quatre. Oui, je me la joue un peu mais bon, il existe des millions de gens qui parlent aisément plus d’une demi-douzaine de langues. Pour revenir à nos moutons, aujourd’hui, je cherchais le sens d’un mot et j’ai utilisé google, parce que on est en 2021 et les dictionnaires physiques sont des dinosaures ; ils sont morts, leurs ossements sont partout et ils ne cessent d’accumuler de la poussière. J’avais mis une vidéo sur YouTube et j’écoutais un grand chercheur Idriss Aberkane (regardez une de ses vidéos, elles sont géniales !) parlé du mot « travail » et il donna l’explication étymologique de ce mot. Heureusement que j’étais assis sinon je me serais cassé une cheville. Permettez-moi de partager la définition du Larousse.

Travailler (verbe intransitif) = du latin populaire “trepaliare” signifiant torturer ; du bas latin “trepalium” désignant un instrument de torture.

Vous avez bien entendu…travailler = torture ! Ce verbe que l’on utilise souvent vient du mot « torture ». Donc quand on dit « je vais travailler », un Romain de l’époque des triumvirats et des conquêtes de l’Europe entière, comprendrait que l’on va, de son plein gré de surcroit, se faire torturer ! Non mais, imaginez cela !

Travailler veut dire se faire torturer ou torturer ! Aucun des choix n’est bon soit dit en passant. Que l’on se fasse torturer ou que l’on soit tortionnaire, on est dans le pétrin quand même, du moins celui que se fait torturer, il faut l’avouer. Se faire torturer, c’est l’enfer sur terre !

En plus, qui pourrait nier que travailler de 9 à 5, la plupart du temps assis dans un bureau, pendant toutes ces heures, avec une pause de 30 minutes (1 heure si vous avez de la chance) pour finir par rentrer chez soi, n’est pas une forme de torture. Je ne suis pas en train de préconiser qu’il ne faut pas travailler ! Un peu de calme voyons ! Cependant, cette manière de bosser et de vivre, c’est un peu de la torture, non ?

Mais je trouve profondément intéressant de voir que ce verbe ait comme origine une activité sinistre, néfaste, et souvent mortelle. On nous dit que « le travail anoblit l’homme » mais on ne nous a jamais dit que le travail serait une sorte de torture, étymologiquement parlant. Enfin, faire un travail de 9 à 5 dans un pays développé, c’est de la torture « soft » dans 95% des cas. Il n’y a qu’à voir les enfants qui travaillent dans les mines au Congo et ailleurs en Afrique, les enfants qui fabriquent les chaussures et habits au Vietnam, au Bangladesh, en Indonésie, pour avoir une meilleure image de la « torture ». Travailler dans une usine pendant 12 heures, avec une seule pause pour aller aux toilettes, et une pour manger, ça c’est de la torture, surtout quand on est payé à peine 2 dollars par jour. Le travail des mines est mortel et aucun enfant ne devrait y travailler. Mais le capitalisme et notre consommation gargantuesque, ne dorment jamais.

J’ai essayé de chercher sur google pourquoi le mot latin “trepalium” est devenu la base étymologique du mot « travail ». Il n’existe aucune source sûre (une expression très prisée parmi les Burundais !) expliquant comment on en est arrivé là. L’une des explications que j’ai trouvées, et elle n’est pas certifiée comme étant vraie, est que « tripalium est utilisé dans le contexte de l’interdiction faite aux clercs d’assister aux séances de torture et en référence à un instrument fait de trois barres de bois utilisé uniquement pour punir les esclaves », d’après Wikipédia. Ben voilà. L’église n’est jamais loin de la douleur et de l’esclavage. Révélateur ou pas ? À vous de juger.

Ainsi quand vous êtes au travail, surtout un travail que vous n’aimez pas, vous êtes littéralement dans une salle de torture en train de vous faire arracher les ongles. Le mot « travail » viendrait-il de la noblesse, cette classe sociale qui ne travaillait jamais, car riche et qui trouvait que le petit peuple devait faire tout le travail ? Est-ce que la noblesse a utilisé ce terme pour signifier son dédain pour le travail, cette activité ignoble et basse qui cassait le dos aux petites gens et qui les rendaient sales, maigres et intouchables ? Qui sait ?

Donc les fameuses expressions sur le travail telles que travailler comme un cheval, comme un forçat, comme un esclave et la plus raciste, « travailler comme un nègre », sont très révélatrices sur le sens de ce mot que l’on croit innocent et inoffensif ! Il n’existe aucune expression incluant le mot « travail » qui a une connotation positive. Intéressant, non ?

Même aujourd’hui, les grandes fortunes ne travaillent pas, elles délèguent. Un bel euphémisme pour dire que travailler n’est nécessaire qu’à ceux qui n’ont pas les moyens de vivre sans travailler ! Je n’ai pas envie de tourner ce texte en manifeste contre le grand capital même si l’envie de le faire me ronge !

« Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour dans ta vie » disait le grand tacticien et philosophe Confucius. Je vous le souhaite à tous. Je vous souhaite de ne plus jamais « travailler », dans le sens « torture » du terme !    

Pour la énième fois, lire m’a appris quelque chose aujourd’hui. Enfin, YouTube m’a appris quelque chose et je dormirais moins niaiseux comme on dit au Québec. Lisez autant que vous pouvez ! Je vous le conseille et moi aussi je dois m’y mettre avant que je perde cette habitude salvatrice.

Enfin, ce n’est que mon humble avis !

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

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