UNE OBSESSION QUI A DISPARU !

Il fut une époque où convaincre les autres était une obsession. Quand je repense à ces moments, je ne peux m’empêcher de sourire. Je rejoue certaines scènes dans ma tête et je les trouve amusantes, bêtes même. Je suis sûr que mon comportement a énervé une panoplie de gens. Qui plus est, je suis certain que je fus perçu comme un individu arrogant. Cela est inévitable. Mais bon, que faire aujourd’hui ? Le passé reste inchangé. Je me rappelle combien j’insistais pour que l’on me croie, pour que j’aie raison. Jeunesse, quand tu nous tiens ! Cependant, ne blâmer que la jeunesse serait injuste. Il y avait d’autres facteurs qui se cachaient derrière cette manie de convaincre.

Il fallait convaincre les autres que ma manière de penser était la meilleure, la seule qui avait de la valeur ou celle qui avait une valeur supérieure. Convaincre les autres fut une nécessité, un besoin, une envie malsaine carrément. À force de vouloir convaincre, je me retrouvais à parler, donc je n’écoutais pas. J’entendais mon interlocuteur à peine dans certains cas. Et comment peut-on avoir une conversation constructive si on n’écoute pas ?

Ce comportement m’a conduit inexorablement vers une impasse morale et psychologique. Je voudrais encore une fois souligner que je suis entouré de gens extraordinaires, qui m’ont apostrophé à plusieurs reprises. Ils m’ont souvent suggéré de me taire, d’écouter, d’être moins bruyant et agressif. Ils l’ont fait sans relâche et je ne pourrais jamais les remercier assez. Mon frère en particulier, cet homme que j’adore et respecte tant, fut le berger dont j’avais besoin, il fut mon étoile du Nord. Il m’a conseillé souvent, coaché même. Il m’a donné des conseils et il n’a jamais lâché le morceau. Il aurait pu mais il ne l’a pas fait. Sa patience et sa persévérance ont été admirables et le sont encore aujourd’hui car il me conseille toujours. Il a fallu du temps pour que je comprenne qu’il avait raison et qu’il fallait que je change ma manière de communiquer. J’ai appris combien l’écoute active est nécessaire, salutaire même.

J’ai dû m’asseoir et contempler ma situation avant qu’elle ne dégénère. Je suis arrivé à une impasse et il a fallu que je me pose plusieurs questions, les unes plus pertinentes que les autres. Pourquoi cette envie quasi-absolue de convaincre autrui ? D’où vient-elle ? Quel est son but ? Pourquoi est-ce que je voulais avoir raison à tout prix ? Et pourquoi avoir tort ne me dérangeait pas tant que ça ? Est-ce que mon but était d’être ou de paraitre comme le plus intelligent ? Était-ce une question d’optique ou de conviction personnelle sincère ? Est-ce que j’ai l’air d’un idiot quand je parle sans arrêt et dans le vent ? Est-ce que j’intimide les gens ? Jusqu’où ira mon arrogance ? Est-ce que les gens comprennent le but de mes paroles ou suis-je tellement obnubilé par mon envie d’avoir raison ? Finalement, je n’en faisais qu’à ma tête. Alors, à quoi rimait tout ce cirque et pourquoi suis-je devenu un clown ? Une petite dose d’introspection n’a jamais fait de mal à personne.

La réponse à toutes ces questions n’était pas homogène mais plutôt hétérogène. J’ai réalisé que c’était un mélange explosif et toxique de plusieurs éléments liés à ma personnalité, mes défauts, mon enfance, mon parcours et mon environnement. J’étais prisonnier d’anciennes manières de faire qui m’ont permis de m’imposer et qui aujourd’hui n’ont plus aucune raison d’être. En tant que gamin, quand je fus attaqué, je déployais un bouclier protecteur pour éviter d’être blessé. Il fallait abattre cet ennemi qui voulait me faire du mal. Dans le monde animal, ce monde dans lequel nous vivons, parfois, afin de ne pas se faire avaler par quelqu’un de plus fort que soi, on acquiert certains « talents » pour survivre ou pour éviter d’être une proie. On devient un peu agressif. On devient une sorte de bête. On frappe préventivement. On doit tenir bon et ne pas céder. Cela crée une mentalité offensive et on se sent assiégé alors que l’on ne l’est pas. Il est difficile de mettre en veilleuse cette mentalité. Elle est puissante et la dompter n’est pas une chose aisée. On affiche cette force pour décourager tout prédateur mais ce n’est pas de la force comme tel. C’est de l’insécurité, de la peur, de l’anxiété.

Ainsi, attaquer et montrer que l’on est le plus fort, le plus intelligent, le meilleur disons, n’amène rien de constructif, bien au contraire. Un tel comportement est justifié pendant une période de crise. Cependant, aucune crise ne dure éternellement et on se doit d’évoluer. Plusieurs études ont démontré à quel point les vaillants guerriers (pas que j’en soi un !) font de piètres hommes d’états. Ils ne croient qu’en la force alors que cette dernière est rarement utilisée en période de paix car elle est rarement appropriée. Faire la guerre est une chose. Vivre en paix en est une autre.

Aujourd’hui, convaincre les autres est le cadet de mes soucis. Mon attitude a changé inexorablement et sérieusement depuis que j’ai commencé à partager mes textes. Ces derniers sont le fruit de mes réflexions et il n’existe aucune personne qui pense comme moi, car nous sommes tous différents. De surcroît, convaincre les autres de mes pensées est une violation incroyable de leur manière de pensée et de leur vie privée. Qui suis-je pour dire aux autres quoi et comment penser ? Je déteste que l’on me dise quoi et comment penser. La vanité, l’arrogance, l’orgueil et l’égoïsme avaient une telle emprise sur moi que j’étais devenu aveugle. Convaincre les autres masquait mes insécurités. Convaincre les autres n’aidait qu’à gonfler mon égo, ce compagnon néfaste qui ne cesse de nous induire en erreur.

Je veux simplement partager mon opinion et la défendre. Je veux écouter ce que les autres ont à dire car je suis certain que je vais apprendre quelque chose. Et les Dieux seuls savent combien j’ai appris en tendant l’oreille aux autres. Je partage mon opinion et c’est tout. Il se peut que j’aie tort et cela arrive très souvent. Aujourd’hui, je suis apaisé et j’accepte la critique. Avoir raison est une drogue que je ne consomme plus. Elle a détruit mon système nerveux et elle a ralenti mon développement personnel. Quand on se bat avec les autres, on cherche à les terrasser et non à s’améliorer et encore moins à penser clairement ! Je ne désire aucunement dire aux autres comment penser. Je parle et j’écoute.

Ne pas convaincre les autres est une activité qui m’a apporté une liberté d’une richesse inouïe. Je parle et je passe mon chemin. On peut m’écouter ou m’ignorer, cela m’est égal. Au moins, j’ai partagé ce que je pensais et j’ai dit ce que j’avais à dire. Le reste, n’est pas de mon ressort. Que l’on aime ou pas ce que j’ai dit, cela importe peu. Parfois, je discute avec force et fracas car je suis quelqu’un de passionné de nature, et certaines personnes se sentent attaquées ou offensées. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde, il est vrai. Au moins, je sais que je n’ai aucune mauvaise intention, et je ne cherche à attaquer ou à humilier personne. Je sais qu’on dirait que je me dédouane de toute responsabilité mais que dire ? Ma conscience est tranquille. Si je dépasse les bornes, je demande pardon et j’espère que mon interlocuteur me pardonnera afin que l’on puisse discuter.

On apprend tous les jours. Vouloir convaincre est un besoin que je n’ai plus. Et je ne me suis jamais senti aussi comblé et heureux. Qui l’eut cru ?

Enfin, ce n’est que mon humble avis !

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

2 thoughts on “UNE OBSESSION QUI A DISPARU !

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