UNE JOURNÉE GRISE.

Le soleil s’est levé comme d’habitude. Ma journée s’est amorcée sur un ton ensoleillé et l’humeur a suivi la même cadence. Je suis tout sourire et je me mets à écrire un texte que je publierais plus tard. Tout d’un coup, une notification apparait sur l’écran de mon iPhone. Un courriel est dans ma boite Gmail.

J’ouvre le courriel sur mon ordinateur, je lis les quatre lignes et le soleil disparait. Une pénombre s’abat sur mon cœur. Le courriel vient d’une personne des RH. Il raconte simplement que je n’ai pas été retenu pour un travail d’écrivain et de rédacteur. Mon cœur s’assombrit pendant quelques minutes et je m’affale sur ma chaise. La déception que je ressens est intense et je n’arrive pas à y croire. Franchement, je pensais que c’était dans la poche. J’avais réussi des tests et un travail d’écriture de base qu’on m’avait demandé.

Cependant, j’ai échoué le dernier test qui exigeait un travail plus ardu, plus long et plus structuré. La déception reprend son chemin. Elle traverse mon cœur, mon âme et mon cerveau. Je suis tétanisé, triste, quelque peu abattu mais vivant. Je me lève et je vais sur mon balcon. Le soleil illumine le ciel montréalais comme un projecteur mais je ne vois que du gris.

La déception fait un autre tour. Le choc est sérieux, puissant et je me retrouve seul dans mon appartement, en train d’essayer de retrouver mes esprits. Je me rassoie sur ma chaise et je ferme les yeux. Je prends quelques respirations profondes pour calmer mon cœur et ma pression artérielle. J’essaie tant bien que mal de rester calme. J’absorbe le coup, sans faux fuyant, sans gants, sans coussins. J’accepte la réalité, la dure réalité, la fameuse réalité qui fait mal mais la seule réalité qui compte.

Finalement, au bout de quelques minutes, le désarroi est remplacé par des questions. Où ai-je échoué ? Qu’aurais-je pu mieux faire ? Pourquoi cette réponse négative ? Je ne suis peut-être pas à la hauteur. Ça doit être cela. Sinon, ils m’auraient offert le poste. Je relis le courriel et les raisons de mon échec sont vagues. Je prends un bon coup d’oxygène et j’écris à la personne des RH. Je ne fais que demander des clarifications, poliment, comme l’adulte et le professionnel que je suis. Une fois le courriel envoyé, je m’affale encore sur ma chaise et je me pose des questions. Je dirais même plus ; je me remets en question en attendant les réponses.

Je passe la demi-heure qui suit à faire de l’introspection. Cette dernière écarte tout ce qui est chagrin, désarroi, et colère. Ce trio infernal pourrait aisément me mener dans une mauvaise direction. L’idée n’est pas de trouver des coupables. Il ne s’agit pas de jeter la responsabilité sur les autres. L’introspection se fait à l’interne et elle a un seul but ; trouver ce qui pourrait être amélioré, ce que j’aurais pu faire mieux, ce que je dois faire à l’avenir, afin d’être meilleur en tant qu’écrivain, car cette vocation qu’est la mienne, est encore à son stade embryonnaire. Il faut faire preuve d’humilité et non d’arrogance. Il faut se calmer et ne blâmer personne. J’ai compris que blâmer les gens ne fait que me bouffer mon énergie, cette énergie que je pourrais canaliser dans la bonne direction afin de l’utiliser d’une manière productive.

La personne des RH est d’un professionnalisme exemplaire et son courriel me donne quelques éclaircissements sur mon travail et surtout sur le travail qu’il me reste à faire pour devenir un meilleur écrivain. Dans l’écriture, comme dans n’importe quel autre domaine, il y a mille et un principes à respecter. Je dois apprendre et améliorer mes connaissances sur les formats, la structure, les citations, le développement des concepts et idées, etc. Conclusion ? Il me reste énormément de travail à faire. Cela est une excellente nouvelle. La pire chose qui pourrait arriver à toute personne est de croire qu’elle sait tout et qu’il n’existe aucune amélioration à faire. L’arrogance est un vilain défaut.

Le courriel de la gentille dame m’offre un répit. Le courriel apaise mon cœur, il aide mon âme à renaitre, il calme mes nerfs et mon cerveau reprend son travail, après une petite pause. Cependant, un sentiment de déception traine et refuse de partir. Je suis là, face à moi-même, comme ce fut le cas depuis le début de cette satanée pandémie. Je suis livré à moi-même et je dois gérer ma personne. Il est extrêmement difficile de rester lucide quand une mauvaise nouvelle tombe comme un couperet. Mon cerveau et mon cœur savent pertinemment qu’il est impératif de ne pas sombrer dans le pessimisme. Je me dois de trouver une solution à ce problème, à mon problème. Après tout, je suis le seul responsable de ma situation actuelle. Je ne peux pas blâmer une compagnie de ne pas m’avoir engagé ! Ils n’ont aucune obligation de le faire. De surcroit, ils m’ont dit que je dois améliorer certains aspects de mon travail d’écrivain. Bref, ils ne sont aucunement à blâmer.

Il faut éviter de tomber dans le piège de l’égo. Quel piège ? Ben, l’égo blâme le monde externe tandis qu’un esprit calme et aiguisé ne blâme pas le monde extérieur ; il cherche des solutions aux problèmes et il apprend des leçons de ces échecs. J’essaie encore et toujours d’être l’esprit calme et aiguisé. J’apprends tous les jours !

Je dis que je suis le seul à blâmer et j’ai raison. J’ai choisi en mon âme et conscience d’arpenter ce chemin d’écrivain. Personne ne m’a forcé à le faire. Ce fut une décision que j’ai prise il y a de cela un an. L’écriture est ma passion et je désire vivre de ma passion et non seulement vivre ma passion comme je l’avais écrit dans un texte précédent.

Néanmoins, ce parcours est pénible. Il est semé d’incertitudes, qu’elles soient financières ou autres. Je l’avoue avec une franchise déconcertante ; jamais je n’aurais pu imaginer combien ce parcours serait dur, difficile, impardonnable, irrégulier et sans aucune assurance. Je me suis découragé à plusieurs reprises. J’ai voulu abandonner et retourner travailler à la banque, ce foutu boulot qui a failli assassiner mon âme créatrice. Je n’ai pas abandonné et je suis là. Un jour à la fois comme on dit.

Je suis livré à moi-même et j’ai du travail à faire. Ce n’est pas la première fois que je dois régler des problèmes pareils. Inutile de préciser que j’ai dû gérer ma colère et mon impatience maintes fois au cours de mon existence. Franchement, je ne sais pas où me mènera ce chemin. Pour le moment, je ne fais que marcher. Toutefois, je dois trouver une destination, aussi vague qu’elle soit sinon je vais errer comme un Rônin, ces samurais sans maitres du royaume du soleil levant, qui étaient livrés à eux-mêmes, perdus, hagards, sans buts ni espoir.

Une chose est sûre ; je sais que j’ai un travail d’écrivain énorme à faire. À toutes choses, malheur est bon ; je n’ai pas eu ce poste que je convoitais et cela me chagrine grandement. Mais, j’ai acquis plusieurs informations concernant les changements que je dois faire. Ces derniers ne seront faits que par moi, et moi seul.

Demain, une fois que le coup sera absorbé à fond et après une bonne nuit de sommeil, le parcours d’écrivain continuera. J’ai des tas de choses à faire et il faut que je m’y mette le plus vite possible. Ainsi va la vie. On trébuche, on a mal, on pleure mais on apprend et on continue.

La journée a commencé avec un soleil éclatant. Elle s’est terminée dans une ambiance morose et maussade. Le gris a pris le dessus et c’est normal. Il faut encaisser le coup et accepter la réalité. Accepter qu’une grisaille enveloppa le ciel et mon humeur, est humain. Il faut accepter que parfois, la tournure des évènements ne sera pas à notre avantage. Il faut accepter que parfois on aura mal mais que la vie continuera et que la terre continuera sa rotation et sa révolution autour du roi soleil. Il faut accepter que l’ambiance soit à son plus bas afin d’y apporter un remède adéquat. Nier ce qui se passe est une échappatoire qui ne réglera rien. La journée fut ensoleillée et elle a fini dans le gris. Ça arrive. Au moins j’ai appris certaines choses inestimables sur ma personne et l’écrivain que je suis.

Courage à toute personne qui traverse une période difficile, quelle qu’elle soit. Courage à vous !

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

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