LES VÉRITABLES PETITS MOMENTS DE BONHEUR.

Il semblerait que cette pandémie, et toutes les conséquences qui en ont découlé, m’ait affecté plus que je ne le pensais. Parfois, il faut un évènement heureux pour mettre en évidence la situation problématique dans laquelle on se trouve. Je vous prie de bien saisir mes propos ; je ne parle pas de dépression, ou d’autre maladie mentale car ces mots sont lâchés aujourd’hui avec une désinvolture qui m’irrite au plus profond de mon âme.

La situation problématique dont je parle est composée de plusieurs éléments, les uns plus différents que les autres. Je parle ici de fatigue mentale. Je parle de la solitude car je vis seul, dans une province qui fut sous un ordre de confinement et un couvre-feu, sévère au départ et laxiste par la suite, pour la grande majorité de l’année qui vient de s’écouler. La solitude peut être bénéfique mais tout excès est néfaste comme disait Montaigne. Au-delà de la fatigue mentale, il y a le chômage qui m’a touché et ce dernier a diminué mes moyens financiers considérablement et je sais que je ne suis pas le seul. Je parle du manque de motivation. Je parle du dérèglement de mon cerveau, de mon corps, de mon esprit et de mon être car le chômage et le confinement ont anéanti ma routine. Je parle des insomnies. Je parle des journées remplies de lassitude, de colère, de confusion, d’impuissance, de frustration, d’ennui, et j’en passe.

Je peux aussi parler des journées où l’écriture me sauva et m’aida à rester sain d’esprit. Je peux aussi parler des longues marches quotidiennes qui m’ont aidé à garder mon corps sain car sombrer dans l’indiscipline alimentaire et prendre du poids, est plus que facile. Je peux aussi parler de mes amis et de ma famille qui passaient me voir. Je peux parler des gens qui m’envoyaient des messages ou qui m’appelaient pour avoir de mes nouvelles. Je peux aussi parler des lecteurs qui ont apprécié mes textes. Je peux aussi parler de certaines personnes qui m’ont honoré en m’accueillant chez elles régulièrement avec toute la gentillesse du monde afin de casser la routine de ce confinement. Je peux parler des gens qui m’ont prêté de l’argent. Je peux parler des gens qui ont choisi de me donner des dons car ils trouvaient mon travail d’écrivain important à leurs yeux. Je peux parler de la personne qui venait presque tous les jours me voir afin que l’on puisse discuter, manger, rigoler et regarder des films et matchs de basket. Je peux parler de mon frère qui fut, et l’est encore d’ailleurs, un soutien incroyable. Je peux parler de la personne avec qui j’ai eu une conversation récemment et cette dernière m’a sorti de ma torpeur psychologique et j’ai décidé de m’envoler. Finalement, où serais-je sans le soutien, l’amour, la présence, la disponibilité et les conseils de mes parents ?

Ah mes parents…En ce moment, ils dorment tranquillement. J’ai eu l’énorme privilège de leur souhaiter bonne nuit en chair et en os. Un hug pour chacun, des bisous et maintenant ils dorment paisiblement. Je suis assis sur leur balcon et j’essaie de mettre par écrit toutes ces émotions qui sèment la pagaille dans mon cœur, corps et esprit. Je suis comme n’importe quel être humain ; je compare le mauvais avec le bon. Je compare les expériences pénibles que j’ai traversées à l’extase que je ressens aujourd’hui, simplement parce que je suis avec mes parents. L’adulte que je suis est en hibernation pour le moment. Je suis redevenu l’enfant que j’étais autrefois, sans les caprices ni la bougeotte qui m’habitait; bon, la bougeotte m’habite toujours ! Quand je pense qu’il y a à peine 24h, j’étais dans une autre partie de globe, et aujourd’hui, je peux voir et toucher mes parents. Je suis comme un gamin qui a reçu son meilleur cadeau de noël de tous les temps. On dirait que les derniers 18 mois de confinement et de couvre-feu n’ont jamais existé ! C’est ça le bonheur ; il nous fait oublier, ne fut-ce que pour un moment, les moments difficiles. En ce qui me concerne, on dirait que les derniers 18 mois et la tare qui venait avec, ont disparu tout simplement. J’ai appris mes leçons comme un grand garçon, et maintenant, le bonheur s’installe lentement mais surement. Le bonheur de retrouver mes parents est suffisant pour effacer 18 mois qui furent assez pénibles. Ah, l’amour de la famille ! Il a des propriétés guérissantes.

À l’aéroport, mon père a offert de s’occuper de ma valisette. J’ai accepté avec grand plaisir, ce qui m’a permis de libérer ma main gauche (la droite étant occupée par mon autre valisette) et cette dernière serra la main de ma mère jusque dans la voiture. J’ai pu marcher main dans la main avec ma maman pendant quelques minutes en traversant l’énorme parking de l’aéroport et cette sensation valait tout l’or du monde. J’ai pu conduire pendant que mon papa, assis à mes côtés, me donnait des instructions, comme si je venais d’avoir mon permis quelques heures avant. J’ai souri à chaque instruction et je souris encore en y pensant. J’ai pu serrer mon papa dans mes bras à l’aéroport, avant d’entrer dans la voiture, en sortant de la voiture et deux autres fois en sortant de ma chambre. J’ai entendu ma mère m’appeler et j’ai répondu, chose que je n’avais pas faite depuis 2 longues années. J’ai partagé deux repas avec eux. On a regardé la télé ensemble. On a parlé de tout et de rien. On a échangé des regards, on s’est serrés dans les bras. On a été ensemble, tout court.

Cela faisait 2 ans que je n’avais pas vu mes parents. Une éternité à mes yeux de privilégié. Oui, j’ai bien dit privilégié et je comprends très bien l’ampleur et le poids derrière ce mot. Avant la pandémie, bien qu’on vive sur deux continents différents, on se voyait chaque année. Ainsi, c’est un privilège d’avoir les moyens de voir ses parents une fois par an ! Et un privilège ne doit pas être une source de vantardise ou de fanfaronnade. Un tel privilège devrait être une source de joie, de bonheur, et d’humilité. La bénédiction d’avoir ses parents vivants, en bonne santé et surtout d’avoir une bonne relation avec eux, est d’une valeur incommensurable. C’est pour cela que j’ai écrit ce texte ; par joie, bonheur et humilité.

Je suis avec mes parents et soyons francs et honnêtes ; je n’ai rien fait pour mériter une telle bénédiction, absolument rien ! Je ne pense pas la mériter plus que quiconque. Certains diront que c’est Dieu qui fait tout, et les autres parleront de karma, de chance, de l’univers, mais qu’importe ! Chacun a ses croyances et cela m’est égal. L’essentiel n’est pas la raison derrière la bénédiction ; l’essentiel, c’est la bénédiction. L’essentiel est que je sois là, dans la même maison que mes parents, après tout ce temps. L’essentiel est de reconnaitre la chance, l’énorme privilège que j’ai et de l’utiliser pour profiter de mes moments avec mes parents. L’essentiel est de sourire, rire, aimer, embrasser et serrer mes parents dans mes bras. L’essentiel est d’être un bon fils pour mes parents car tout parent ressent un amour infini pour ses enfants et en tant qu’enfant, je ressens une responsabilité immense d’être un bon fils. Certes, parfois, ce que je désire et la vision de mes parents ne seront pas toujours alignés mais l’essentiel est de trouver un terrain d’entente et de le faire avec amour et respect. L’essentiel est de profiter de mon temps avec eux, et non aller dans les questions métaphysiques

Je vais simplement profiter de cette bénédiction. Je suis assez vieux et conscient pour comprendre que seules les relations humaines comptent. Seules les relations humaines ont de la valeur.

À ceux qui ont malheureusement perdu leurs parents, je vous prie de penser aux bons moments que vous avez passé avec eux et je vous demande humblement de sourire. À ceux qui ont le même privilège que ma personne, profitez de ces moments avec vos parents car ces moments deviennent de plus en plus rares avec le temps malheureusement. À ceux qui n’ont pas vu leurs parents depuis un long moment, je vous envoie tout mon amour et je vous demande humblement d’être patients et je vous souhaite de les voir le plus tôt possible. À ceux qui ne parlent pas à leurs parents à cause d’un litige, un différend, essayez de trouver une solution au problème et de profiter du temps avec vos parents. Je sais que certains différends sont ou semblent insurmontables mais ne pas essayer de les régler ne mènera à rien de toutes les façons. Notre passage sur cette terre est limité et le temps que nous passerons avec nos parents l’est encore plus.

Alors, profitons de ces moments précieux car un jour, on voudra le faire mais on ne pourra pas…

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

One thought on “LES VÉRITABLES PETITS MOMENTS DE BONHEUR.

  1. Diane

    Tres bel hommage à tes parents. Profites de ces moments et ressources à fonds les batteries de joie, de rires et de bonheur. Bonnes vacances ncuti

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