« TU N’AURAIS RIEN PU FAIRE, MA BELLE ».

Je parlais à une amie récemment. Elle me parlait de sa plus récente relation qui a pris fin il y a de cela quelques années. Le jeune homme avec qui elle était, est dans une nouvelle relation et il semble heureux. D’ailleurs, il se marie bientôt. Bon, pas pour être cynique, le mariage n’est pas nécessairement un signe de bonheur mais c’est un signe clair que sa nouvelle relation évolue. À vrai dire, je connais le mec…il n’a jamais été aussi heureux dans sa vie, que les dieux le gardent, lui et sa bien-aimée !

Le mariage, ce détail, qui n’est pas sans importance, semblait attrister mon amie bien qu’elle soit sincèrement contente pour lui. Aussi paradoxal que ça sonne, je crois en la sincérité de mon amie. On peut être content et envieux en même temps, ça s’appelle « la vie sans hypocrisie ! ». Ma copine m’avait raconté lors de leur rupture ce qui s’était passé et comment elle avait eu du mal à tourner la page. Quoi de plus normal ? Chaque relation qui touche à sa fin, amène son lot de regrets, de chagrin, de larmes et d’incertitude. Parfois, il y a le doute qui s’installe et la personne se sent lésée, trahie, blessée et les mois, pour ne pas dire les années, qui suivent sont dures, pénibles.

Elle m’a dit lors de notre appel, qu’elle aurait pu faire mieux à l’époque où ils étaient ensemble et peut-être qu’aujourd’hui, ils seraient toujours ensemble et leur couple marcherait à merveille. Peut-être que c’est elle qui aurait été la future mariée. La tristesse dans sa voix était palpable. Une partie de mon âme et de mon cœur avait de l’empathie pour elle. Moi-même je suis passé par là, plus de fois que je ne l’aurais désiré, et par conséquent, je pouvais comprendre presque entièrement sa peine. Une fois la relation finie, on se pose mille et une questions. On ne veut pas nécessairement rompre et être malheureux. On désire être bien et heureux dans les bras de notre partenaire. Hélas…

Elle m’a dit avec franchise « j’aurais pu faire tant de choses et la situation serait différente aujourd’hui ». Mon cœur a failli répondre par l’affirmative mais mon cerveau ultra-cartésien a pris une autre voie ; celle de la raison. J’ai hésité pendant quelques secondes, ce qui créa un moment de silence lourd. Elle attendit patiemment que je m’exprime et je n’ai pu que lui parler de mes expériences et comment je les ai vécues.

J’ai fini par lâcher un simple « tu n’aurais rien pu faire, ma belle ». Je pense qu’elle s’attendait à cette réponse car elle me connait intimement, vu qu’on est amis depuis plus de 20 ans. Je suspecte qu’elle m’a appelé en sachant très bien quelle serait mon opinion sur le sujet. Je sentis une obligation morale de lui donner mon opinion. Je savais pertinemment qu’elle ne l’apprécierait pas, mais elle et moi, sommes ainsi ; on se dit la vérité pure et simple, quitte à blesser initialement l’autre sans toutefois le faire intentionnellement. La vérité ne blesse jamais ; elle est simplement dure à avaler au départ mais avec le temps, on ne peut que se réjouir de l’avoir eu de la part de ceux qu’on aime. Après que j’aie lâché cette phrase fatidique, elle m’a demandé, gentiment, comme elle sait si bien le faire, d’élaborer ma pensée. Je lui ai demandé de boucler sa ceinture car le petit tour qu’on allait faire ensemble, risquait de nous laisser pantois et étourdis.  

J’ai essayé d’être direct, clair et sans être diplomate, sinon elle aurait senti l’arnaque ! Je lui ai simplement dit que les choses se sont passées comme elles devaient se passer. Je l’ai entendu ricaner à l’autre bout du fil. Elle m’a demandé si je parlais de Dieu car elle est une croyante fervente en Dieu et Jésus Christ, son fils et présumé sauveur de l’humanité. Je lui ai dit qu’elle avait le droit le plus basique d’invoquer la présence de Dieu. D’autres parleraient de destin, du sort, du karma et je ne sais quelle force encore. Je lui ai simplement dit que peu importe le nom et la nature de l’entité en laquelle elle croyait, cette dernière avait ses propres plans et ils étaient immuables. Ces plans ne sont pas sujet à changement car ils se sont déjà matérialisés. Tout ce que nous, mortels habitant ce monde tridimensionnel qui nous définit, pouvons faire serait d’accepter la tournure des événements.

Je lui ai dit que je savais très bien qu’elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir à l’époque pour faire fleurir la relation mais le résultat escompté ne fut pas obtenu. Il n’existe rien, dans n’importe quel univers, qu’elle aurait pu faire pour changer le cours des choses. Même si elle prenait une machine à remonter le temps, elle ne règlerait rien. De surcroit, si elle se remettait avec le jeune homme aujourd’hui, leur couple ne marcherait pas pour autant. Il n’est plus l’homme qu’il était et elle n’est plus la femme qu’elle était. Il a changé, il a évolué et elle aussi. Il a changé à son propre rythme, à sa manière, sans tenir compte des changements qu’elle a traversés. Donc, les deux risqueraient d’être encore plus incompatibles aujourd’hui qu’ils ne l’étaient à l’époque. Ou peut-être pas, qui sait ? Et on ne le saura jamais.

Je lui ai avoué que je comprenais intimement, profondément, son état d’esprit. Je le ressens moi-même parfois. J’ai rejoué dans ma tête des centaines de fois chaque relation que j’ai déjà eue, et je sais avec une précision chirurgicale où et quand j’ai merdé. Mais savoir tout cela, ne règle rien. Que ce soit aujourd’hui ou dans le passé. Même si je prenais la machine à remonter le temps, qu’est-ce qui me garantirais que je ne commettrais pas une autre erreur, plus grave ou moins grave que celles que j’ai commises à l’époque ? Comprendre le passé est sensé nous aider à éviter les mêmes erreurs à l’avenir et non d’avoir la nostalgie du passé. Ce sentiment n’aide en rien. Les regrets n’aident pas vraiment. Mais quoi de plus normal que d’avoir des regrets ? Ça fait partie de la nature humaine. Avoir des regrets est normal. N’avoir que des regrets, cela est un choix, selon moi et un mauvais choix, si je puis le dire ainsi.

Après mon monologue, elle s’est tue. Pendant quelques instants, j’avais peur de l’avoir blessée. Je lui ai demandé si ça allait. Elle répondit avec le sourire dans la voix que mon cerveau cartésien n’était pas toujours apprécié. Et là, ce fut mon tour de me taire. Peut-être qu’elle ne voulait point me dire que je l’avais blessée. On s’est dit au revoir et on a tous les deux raccroché. Cependant, une certaine culpabilité me taraudait l’esprit. Le lendemain, je l’ai appelée. Je lui ai demandé si j’avais été trop loin. Elle a rigolé. Elle m’a dit qu’elle s’attendait à ce que je réagisse ainsi. Elle savait que quelque part, la culpabilité me rongeait et elle trouvait cela amusant. Elle a fini par me dire que ma culpabilité est une preuve que j’ai des sentiments et que le cerveau cartésien prend parfois quelques pauses bien méritées ! Au moins, je ne suis pas psychopathe, un détail à ne pas négliger. Je lui ai raconté quelques autres bêtises, des blagues sur les regrets et combien ils sont « excellents » pour la santé. On a rigolé…

Elle a fini par me dire qu’elle avait encore du travail à faire pour gérer les quelques sentiments latents et résiduels qu’elle avait encore pour son ex. Je n’ai pu que lui souhaiter bonne chance. Au moins, elle était consciente qu’elle avait encore du travail à faire. Elle m’a rappelé combien j’aime dire que les regrets ne sont qu’un poids qui peut facilement nous emmener au fond de l’océan. La noyade était assurée si on n’arrivait pas à gérer les regrets. Et ces derniers ne sont que dans notre tête, cœur et esprit. Ils ne servent pas à grand-chose car le passé est déjà écrit. Autant regarder vers le futur afin d’écrire les chapitres qui ne sont pas encore écrits au lieu de penser à tout ce qui a déjà était écrit, signé et scellé. Grâce à elle, j’ai pu revoir ma copie concernant mes relations et mes regrets…Disons que ça va ! Je me porte bien à ce sujet là!

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

2 thoughts on “« TU N’AURAIS RIEN PU FAIRE, MA BELLE ».

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