LE PIGEON ET SON NID.

Je suis dans un appartement qui se situe au 3ème étage, en Grèce. Le balcon donne sur la rue et un arbre pousse le long de l’immeuble, effleurant les balcons des 3 premiers étages. C’est l’été, et le feuillage de l’arbre est amplement présent, riche, vert, et en bonne santé. Tous les matins, mes parents vont sur le balcon et regardent par-dessus ce dernier. Cependant, leur regard est toujours dirigé vers le bas et ils passent quelques instants à contempler quelque chose car leurs visages s’illuminent avec des sourires béats. Les deux premiers jours de mon séjour, j’ai trouvé cet exercice drôle et je n’ai pas fait vraiment attention. Puis, j’ai remarqué qu’ils faisaient ce même exercice plusieurs fois par jour, disons 5 ou 6 fois. Ainsi, ma curiosité fut éveillée et au deuxième jour, j’ai décidé d’aller jeter un coup d’œil moi-même.

J’ai mis mes mains sur la barre horizontale du balcon et j’ai regardé en bas, ne sachant pas à quoi m’attendre. À ma grande surprise, je vis un nid fait avec des feuilles et petites branches sèches. Au milieu de ce nid, un pigeon, minuscule par sa taille, était confortablement assis. Je pense qu’il sentit mon regard car il tourna sa tête et nos regards se croisèrent. Instinctivement, je souris comme mes parents le faisaient tous les jours. Je suis resté là, en train de regarder le petit pigeon sans but précis. Je vis que le nid était majestueusement construit et il était bien caché par le feuillage riche et vert. L’architecture stratégique du nid n’était point due au hasard. Ainsi, le petit pigeon était à l’abri des prédateurs, du soleil, de la pluie et du mauvais temps.

Aujourd’hui, six semaines plus tard, le petit pigeon n’est plus petit ; il vole de ses propres ailes avec dextérité et grâce comme tant d’oiseaux. Il part et il revient à sa guise. Parfois, sa maman est là et on les voit assis tous les deux, en train de rien faire ou peut-être que mère et fille se parlent dans leur langage secret car, soyons honnêtes, on ne sait pas comment font les pigeons pour communiquer, à part quelques bruits qu’on entend de temps à autre, tout en sachant qu’ils sont seulement des bruits qui n’ont aucun sens pour nos oreilles humaines.

Tout cela m’a fait penser à la beauté et à la complexité de la nature. Quand j’étais gamin, je passais mes étés au village de ma grand-mère, dans la Grèce profonde, au milieu des montagnes et non sur les îles ! Le reste de la planète pense que tous les Grecs viennent des îles alors que moins de 10% d’une population de 11 millions vient des îles. Je passais deux mois au milieu de nulle part, entouré de montagnes et de rivières. La campagne, avec l’ennui qui vient avec, apprend à tout enfant l’art de l’occupation et de l’appréciation de la nature. Les chèvres, les brebis, les lapins, les poules, les chats, les chiens et autres animaux peuplaient mon quotidien. Prendre soin de ces animaux fut une leçon de la vie dont la valeur est incommensurable. Ce fut un exercice profondément éducatif et amusant.

En regardant le petit oiseau, sans faire référence à la chanson phare de Gad Elmaleh, devenir indépendant, cela m’a rappelé combien la nature est extraordinaire. Le petit oiseau est devenu indépendant en moins d’un mois. Et c’est à ce moment que j’ai commencé à comparer les pigeons aux humains. Notre espèce passe son temps à faire des comparaisons et je ne suis point l’exception à la règle. On se croit supérieurs et plus intelligents, et franchement, nous le sommes à plusieurs égards. En revanche, en moins de 6 semaines, un petit oiseau est devenu grand, indépendant et il peut littéralement et aisément voler de ses propres ailes, tandis que les humains, à 6 mois, on est littéralement inutiles. Qui peut nier un tel fait ? Que peut faire un bébé de 6 mois ? La réponse ; absolument rien. Franchement, on est inutiles à l’âge de 6 mois. Qui plus est, je connais des adultes qui sont inutiles. Je connais des adultes qui sont un poids pour eux-mêmes, les leurs et la société. Je suis sûr que je ne suis pas le seul à connaitre des tares pareilles !

On adore se croire indépendants mais le sommes-nous ? Sérieusement, si on n’avait pas les supermarchés, et autres services, la majorité d’entre nous, serait perdue. Enfin, nos ancêtres l’étaient moins mais bon…Ils étaient plus débrouillards. Aujourd’hui, la technologie nous facilite la vie mais le revers de la médaille est que nous sommes de moins en moins indépendants, et de plus en plus bêtes, si je puis le dire ainsi. Qui aujourd’hui pourrait prétendre aller dans la forêt pour chasser, essayer de trouver de l’eau potable, trouver un toit, confectionner ses propres habits et j’en passe ? Peut-être que je suis trop dur avec les humains parce que je ne suis pas plus débrouillard que le reste de l’humanité.

Pensez-y un peu ; les humains apprennent à marcher d’habitude à l’âge d’un an. Ils communiquent et parlent correctement à l’âge de 5-6 ans, et encore là, leur vocabulaire est grandement limité. On apprend à faire nos besoins correctement au même âge avec succès, mais on dépend toujours de nos parents. Disons qu’en tant qu’espèce animale, on n’est jamais indépendants et on est loin d’être aussi débrouillards qu’un oiseau dont la cervelle a la taille d’un petit pois. On doit aller à l’école pendant 12 ans au primaire et au secondaire, et à l’université pendant au moins 6 ans avant que l’on obtienne notre « maitrise » dans un domaine donné. L’oiseau apprend à voler en 6 semaines, à chasser pour sa nourriture et à éviter les prédateurs, tandis que nous, humains, supérieurs, allons parfois tout droit dans les bras des prédateurs de tous bords. Il faut presque 20 ans pour devenir maître dans un domaine et 6 semaines à un oiseau pour maitriser la technique du vol…

Qui est supérieur si on y pense pendant quelques secondes ? Moi, si je mets mon arrogance de côté, je vote un peu pour l’oiseau. J’espère que je ne suis pas le seul. Finalement, le petit pigeon m’a donné une leçon d’humilité, au moment où je m’y attendais le moins. Qui l’eût cru ?

Vive la nature et si on pouvait passer un peu plus de temps à la protéger et à l’observer, au lieu de la détruire, on apprendrait quelque chose. Vive mère nature !

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

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