” JE SUIS FIER/FIÈRE D’ETRE… “

“Je suis fier/fière d’être (veuillez insérer une nationalité/ethnie/couleur de peau/religion/etc.). Il existe une myriade d’adjectifs, de qualificatifs, de noms qui peuvent s’installer après le verbe « être ». Je vous laisse le soin d’en choisir un ou plusieurs qui s’appliquent dans votre cas.

Je dois avouer que cette phrase m’a toujours intrigué. Au-delà de la curiosité, cette phrase m’a toujours fait penser et réfléchir. Parfois, elle me fait sourire, elle me pousse à froncer mes sourcils et rarement, une fois par siècle, ou peut-être une fois par millénaire, elle m’irrite. Ne suis-je pas chanceux d’être né à une date proche de changements de siècles et de millénaires ? Le hasard fait bien les choses.

Avant de parler de ce sujet quelque peu épineux, fouiller dans le dictionnaire, pour m’assurer que je comprends pleinement le sens du mot « fier/fière », me semblait un geste sage. Ainsi, le Larousse définit la fierté comme « caractère de quelqu’un qui se croit supérieur aux autres ; morgue, arrogance, hauteur » mais également comme « indépendance de caractère de quelqu’un qui a le sentiment de son honneur ; dignité, noblesse, amour-propre ».

Donc, nous avons deux définitions diamétralement opposées. N’est-ce pas intéressant, intriguant même ? Comment est-il possible qu’un mot puisse avoir deux définitions contraires ? Et comment peut-on distinguer les deux ? La réponse est simple ; le contexte détermine le sens du mot « fier/fière ». Tout dépend de la direction que prennent les deux ou multiples interlocuteurs. Tout dépend du message que la personne veut faire passer. Cependant, il ne faut pas oublier la manière dont les propos sont interprétés. Nous avons tous une fâcheuse tendance à entendre ce que l’on veut entendre ou ce que l’on est programmé d’entendre tout en y mettant nos propres filtres et biais. La communication n’est point facile, je vous assure.

La fierté…ce mot qui désigne en même temps l’arrogance, l’amour propre et la dignité (bonjour la confusion !) … Personnellement, je trouve que la fierté devrait être réservée aux accomplissements et actions qu’on a pu réaliser après un dur labeur au lieu d’accidents purement génétiques et conjoncturels. Être fier/fière de son diplôme, de ses relations, de ses créations, de son travail, de sa bonne santé qui découle d’un entretien méthodique, de son changement et de son évolution personnelle, alors là, soyez infiniment fiers !

Cependant être fier/fière du taux de mélanine dans les cellules, de son certificat de naissance qui vous octroie une nationalité comme si vous avez choisi de naitre, de son ethnie que vous n’avez guère choisie, de sa religion (on la choisit rarement aussi, on nait dedans), de son orientation sexuelle (une autre identité que l’on ne choisit pas), de son pays d’origine, de sa famille (qui choisit sa famille ?), de sa chevelure naturelle, et j’en passe, cela me semble un peu gauche.

Maintenant, je voudrais quelque peu défendre ceux qui sont fiers/fières de leurs attributs naturels ; si une partie ou toute notre identité innée est persécutée, rabaissée, ostracisée, mise à l’écart, humiliée, oubliée, je comprends l’appel à la fierté ! Les noirs américains, au plus fort de leur lutte pour les droits civiques, criaient « I am black and I am proud ». Ils étaient délibérément marginalisés et rabaissés donc leur réaction est tout à fait normale. Pareil pour les africains avant, pendant et après les guerres d’indépendance. Chaque fois que nous sommes humiliés à cause de notre nature, nous avons ce reflexe humain de nous défendre, de réponde aux attaques et de nous relever. Existe-t-il une meilleure manière de se relever que de relever notre amour propre, notre dignité, notre honneur ? Je ne pense pas !

Cependant, cette fierté est toujours à quelques petits pas de l’orgueil. Je pourrais même dire que la fierté et l’orgueil sont des cousins très proches, que je les qualifierais d’incestueux ! Oh que oui ! Parfois, ça commence par la fierté patriotique et ça devient du nationalisme pur et dur. Ça commence par la fierté raciale, et quelques temps après, nos frères et sœurs dont la couleur de peau est différente, deviennent les autres, les ennemis. Ça commence par une fierté ethnique, et ça se termine en pogrom et tueries. Ça commence par la fierté d’appartenir à une équipe de foot, et ça se termine en bagarre dans un bar lors d’un dimanche où on est simplement sensés regarder un match. Ça commence par une fierté de croire en un Dieu particulier, et ça se finit en guerres de religion, conquêtes, croisades, tueries, et j’en passe.

Je vous comprendrais parfaitement si vous pensez que j’exagère, mais je vous dirais que l’histoire, cette matière que la plupart des gens mettent de côté, me donne amplement raison. C’est ainsi que mon alarme se met à hurler quand je lis ou j’entends quelqu’un dire « je suis fier/fière d’être… ». J’attends impatiemment de voir quel adjectif ou nom qui n’a rien à voir avec les accomplissements va suivre le verbe être. Occasionnellement, je parle aux gens à propos de ce sujet et ils finissent par me demander, « comment tu t’exprimerais alors ? ».

Je leur réponds que je n’ai pas à clamer haut et fort d’être Grec, Burundais ou Canadien car ces conversations tournent toujours autour de la nationalité et de la couleur de la peau. Entre vous et moi, franchement, je m’en contrefous ! Comme si j’avais travaillé pour être Burundais ou Grec ou Canadien ! Que je sache, j’aurais pu être Japonais ou Costa Ricain. Je suis simplement hyper-méga-ultra-super content d’être qui je suis. Mais je ne tire aucune fierté d’accidents génétiques ! Zéro fierté et l’absence de cette dernière ne signifie pas que je n’aime pas mes origines ! Comment pourrais-je ne pas les aimer ? Si jamais je devais choisir un adjectif pour remplacer fier/fière, je dirais « content/contente ».  Cela exprime une joie intense d’après moi !

En revanche…je suis hyper-méga-ultra-super-extra fier d’être écrivain ! Ah ça ! Les milliers d’heures que j’ai passées à écrire ! Les nuits blanches, la discipline de fer, la consistance, le volume des textes, tout cela, oui, j’en suis fier ! À FOND ! Je suis écrivain par mon travail, et non mon ADN! Sinon, être un homme hétérosexuel qui porte un certain nom de famille et muni d’une certaine nationalité offerte par un état qui peut changer ses lois à n’importe quel moment, qu’est-ce que je n’en ai rien à foutre tout en étant extrêmement content d’être qui je suis ! Vous êtes un peu confus ? Ça vous passera !

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B


5 thoughts on “” JE SUIS FIER/FIÈRE D’ETRE… “

  1. Rholala quel façon de décrire “la fierté” euh oui, je suis fière d’être burundais, c’est peut être un accident comme tu l’a mentionné mais c qui est sur je n’aurais pas éprouvé le même sentiment d’etre japonais ou chinois.😅😂 je m’explique, premièrement je suis un sportif et lorsque je suis entrain de courir le marathon je suis tjrs fier de voir à quel point mes muscles peuvent durcir et lorsque je suis à FOND dans mes exercices tu n’a aucune idée quel plaisir ça peut procurer de savoir qu’il y’a des chinois ou certaines blancs qui ne dure pas longtemps sur le soleil 😅 en fin bref ouii ta raison c une fierté et je serai fier encore plus de voir the writer venir me voir performer “noHomo” 😂😂

    Like

    1. Si tu es fier d’être Burundais car cela te donne une certaine aptitude dans un domaine donné, ben, c’est ta manière de voir les choses, tout en espérant que tu ne considères pas les autres comme étant inférieurs. En même temps, il existe des millions de chinois et de japonais qui ont des aptitudes que tu ne possèdes pas, donc, tout est un accident génétique de toutes les façons. Et puis si tu te compares toujours aux blancs et aux chinois “qui ne dure pas longtemps sur le soleil”, tu devrais peut être penser à autre chose au lieu de te comparer aux autres. Ça m’a l’air assez épuisant ces comparaisons, tu crois pas? 😉
      Finalement, le “no Homo”, qui m’a pris par surprise je l’avoue, indique tu es un mec. Je le dis avec le plus grand respect du monde, je ne vais jamais voir performer qui que ce soit, donc si tu ne me vois jamais sur les estrades quand tu es dans ton élément, ne le prends pas personnel frérot, ok? C’est rien contre toi. Allez, kamata bisou, merci pour ton message et prends soin de toi.

      Like

  2. Non, je ne me considère pas supérieur que les autres,d’ailleurs je ne me suis jamais senti supérieur que qui que ce soit, par rapport à mes origines, par contre ouii je peux dire je suis fier d’être qui je suis. Il existera tjrs une personne avec des atouts bien supérieur et cela ne le rendra pas supérieur pour autant. Et puis ta raison je devrais penser à autre chose mais j’avais pas le choix de commenter juste pour t dire “yes yes i know”😂😂, en fin bref oui, je sais chui un mec lol je sais que ça t’a surpris alors imagine moii qui doit lire et essayer de deviner tous les personnage comme si j’étais un expert de la littérature 😪 mais une chose est sur faut venir voir ton frère si non vyose nzotangura kubifata personnel 😁😘😘

    Like

    1. Ukazobifata personnel nzoca mbona yuko ufise umwanya mwinshi kabisa! 😉 😉 Je ne promets jamais des choses que je ne peux pas accomplir. kandi kuja kuraba abantu bariko bariruka, asha, mbaye ndakumenyesha yuko ntazoza kabisa, nta rwanko rurimwo, c’est simplement la simple vérité mon cher. turakuze, ntavyo kubeshanya bijamwo nukuri 😉

      Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s