LE MÉPRIS ET LE MANQUE DE RESPECT.

Avez-vous déjà être méprisé(e) ? Quelqu’un vous a déjà manqué de respect ? Je me dis que la meilleure manière d’aborder ce sujet serait de vous demander, « c’est quand la dernière fois que quelqu’un vous a méprisé ou vous a manqué délibérément de respect ? ». Ouais, ça sonne mieux et ça décrit la réalité de notre vie quotidienne. Malheureusement, on a tous été victimes de mépris et de manque délibéré de respect. Cependant, on ne réagit pas tous de la même manière…

J’ai décidé de parler de ces deux sujets pour des raisons personnelles. Pendant une éternité, le mépris et le manque de respect délibéré furent mes talons d’Achille. Ils le sont exponentiellement moins aujourd’hui, grâce à mon âge quelque peu « mûr », à l’expérience générale de la vie et au travail acharné de ma part pour ne pas succomber à ces faiblesses psychologiques. On apprend énormément sur soi-même et le monde avec le temps. Enfin, si on fait preuve d’humilité et qu’on décide d’ouvrir les yeux au lieu de jouer à l’autruche.

Aujourd’hui, ces deux virus ne sont que des petites nuisances, minuscules même. Néanmoins, autrefois, ces deux infections de l’esprit m’ont mis dans le pétrin des millions de fois, causant des frictions dans mes relations interpersonnelles, amoureuses, professionnelles et j’en passe. Il s’agissait d’un fardeau qu’il m’était impossible à supporter. Inexorablement, j’ai pris une trajectoire qui menait à la catastrophe et ce qui fut pire, c’était de voir, en temps réel, mon comportement devenir de plus en plus désagréable, détestable même.

Ainsi, il y a de cela quelques années, après un énième incident qui a failli dégénérer dans le chaos le plus total, j’ai décidé de m’asseoir et d’étudier en profondeur la raison pour laquelle le mépris et le manque de respect étaient mes talons d’Achille, au vrai sens du terme. Ma vie en dépendait. Je veux dire que si je continuais à agir comme un forcené, je finirais par m’aliéner tout le monde, même les êtres qui me sont le plus chers. Donc, une vraie remise en question était nécessaire.

Je me suis assis et j’ai écrit sur un bout de papier les circonstances qui auraient pu être à l’origine de mon hostilité envers le mépris et le manque de respect. Être honnête avec soi-même est un exercice quasi-impossible. J’ai passé tout un mois à écrire sur le petit papier. J’ai fait de mon mieux pour rejouer des scénarios dans ma tête afin de citer et avec un peu de chance, comprendre pourquoi je perdais la tête chaque fois que je rencontrais une personne qui me manquait de respect ou qui me méprisait. J’ai écrit, effacé, réécrit, réeffacé et cela a duré un mois de plus.

Finalement, j’ai décidé, comme tout bon psychiatre le dirait, d’aller fouiller dans mon enfance. Je savais que j’y trouverais quelques informations pertinentes. Je savais également qu’un tel voyage dans le passé ne serait aucunement plaisant, mais c’était le prix à payer pour tenter de régler mon problème. J’ai parlé à mes parents, à mon frère et à mes amis d’enfance, subtilement bien sûr. Je leur demandais de se rappeler de certaines situations afin de mieux comprendre leur interprétation des événements et la comparer à ma propre interprétation. Je trouvais qu’il était important d’avoir des « témoins oculaires » des nombreuses situations qui étaient vraisemblablement la genèse de mes réactions face au mépris et au manque de respect.

Sans surprise, mon aversion au mépris et au manque de respect, émanait des moments où en tant que gamin, je fus méprisé avec passion par certaines personnes qui m’étaient chères. On m’a manqué de respect régulièrement et brutalement. Ces blessures extrêmement profondes ont créé ce mécanisme défensif, ces réponses quasi-sauvages pour combattre ces attaques contre mon amour propre. Je réagissais de la sorte pour me défendre, car je considérais que mon âme, mon esprit et mon corps étaient attaqués. Il fallait que je me défende. Il fallait repousser ces attaques. Ainsi, crier, élever la voix, bomber le torse, attaquer au moindre signe (réel ou non) de mépris, fut mon modus operandi. C’était un réflexe de mon subconscient, une réponse instinctive, et j’ai créé ce bouclier pour protéger le petit gamin sans défense, frêle, et impuissant face aux forces nettement supérieures.

Je me rappelle, étant adulte, chaque fois que quelqu’un me méprisait ou me manquait de respect, je perdais la boule. Cela ne veut pas dire que je commençais à tout casser ou à insulter le monde entier mais mon cerveau s’éteignait, à défaut de choisir un autre terme plus adéquat. Je perdais la quasi-totalité de mes facultés cognitives. Le côté rationnel de mon cerveau disparaissait et le côté sauvage, primaire, primitif, ce fameux côté aiguisé depuis des millénaires par l’évolution humaine et qui dicte qu’on est prêt à en découdre avec notre adversaire, s’allumait et son intensité aveuglait le reste de ma personne.

Parfois, on ne me manquait même pas de respect, on ne me méprisait pas mais je percevais certaines paroles et actions comme des attaques et je contre-attaquais. Parfois, j’avais complètement tort mais j’agissais avec brutalité et aucune humanité. Au fait, j’avais créé une brute pour combattre les brutes. Le gamin en moi, voulait coute que coute, être en sécurité et il avait créé cet alter-ego qui faisait des ravages contre les vraies menaces ou les menaces imaginaires. Le bouclier créé par le gamin pour sa défense devait disparaitre. Le gamin peureux et tourmenté par ses insécurités devait mourir afin que l’adulte puisse fleurir. Il fallait guérir et comprendre que je n’avais plus besoin d’agir ainsi. Plus personne ne pouvait me faire du mal. L’alter-ego devait laisser la place à l’adulte.

Le chemin fut long et il l’est encore, je dirais. Je n’ai pas encore maitrisé complètement la gestion du mépris mais j’ai appris, après des millions d’essais-erreurs, comment mettre mon égo de côté et ne pas me sentir menacé ni visé par les paroles des gens. Bon, les actions sont différentes car si quelqu’un m’attaque physiquement, je me mets dans mon mode défense direct, et on discutera après. Mais pour ce qui est des paroles, j’ai appris à ne pas réagir. J’ai appris à fermer ma gueule et à respirer. J’ai appris à serrer les poings et à relaxer. J’ai appris à m’éloigner littéralement et surtout physiquement de la source du mépris. J’ai appris à ne rien dire et laisser parler la personne qui fait preuve d’un manque de respect délibéré. J’ai appris à ne pas prendre toute attaque d’une manière personnelle. J’ai appris à être plus calme.

Et bizarrement, l’écriture, cet art dans lequel je peux dire que j’excelle aujourd’hui fut une partie intégrante et cruciale de ma thérapie. J’ai appris que revisiter le passé est une chose. Prendre un bout de papier, et dresser une liste des blessures, les écrire afin de mieux les saisir, ce simple exercice rend ces blessures réelles ; soudainement, elles sont vraies, elles ont existé, elles ne sont pas le fruit de mon imagination.  

Donc une fois les blessures écrites, elles ne peuvent plus être ignorées. La suite n’est pas nécessairement facile mais nécessaire je dirais. On regarde la liste et on comprend que guérir est un passage obligé pour améliorer notre nature, notre vie et nos relations. Avec un peu de volonté, de patience, d’amour et de respect pour soi et de respect pour les autres, on apprend à gérer ces blessures et à guérir. Le chemin est extrêmement long et semé d’embuches mais ça vaut la peine de l’arpenter car guérir est le meilleur cadeau qu’on puisse faire à soi-même.

Le mépris et le manque de respect ne sont plus mes talons d’Achille. Je ne suis plus prisonnier d’eux. Surtout, le gamin blessé, enfoui au fond de moi, est guéri grâce au travail que l’adulte a accompli. Et même l’adulte est guéri. Le gamin n’a plus besoin de protection et l’adulte encore moins. Car le mépris et le manque de respect viennent des autres et cela est indicatif de leur propre malaise et mal être. Le mépris en général n’a rien à voir avec la victime car il émane du bourreau.

Le fameux alter-ego agressif est mort et enterré. L’enfant en moi et l’adulte que je suis, sont sereins et ils goutent à la paix intérieure, enfin…

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B


2 thoughts on “LE MÉPRIS ET LE MANQUE DE RESPECT.

    1. Parfois la thérapie ou ce que la Dr Nicole Lepera appelle “self healing process” passe par l’écriture comme ce fut le cas pour moi avec ce texte! La valeur de l’écriture est tout simplement infiniment précieuse…

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