BURUNDAIS ET BURUNDAISES, APPRENEZ VOTRE HISTOIRE!

Mon texte concerne les Burundais et Burundaises mais il pourrait être traduit dans toutes les langues du monde et s’appliquer au monde entier car le sujet est universel. 

Mes frères Burundais et mes sœurs Burundaises, permettez-moi de vous dire une vérité intemporelle; vous avez un devoir moral de connaître votre propre histoire. 

Je vous prie de bien comprendre mes propos et à cette fin, permettez-moi d’élaborer et d’être aussi clair que l’eau de roche. Je ne parle pas de l’histoire du Burundi au complet. Je ne vous demande pas de connaître l’histoire du Burundi précolonial, ou l’histoire du Burundi depuis que notre cher pays est devenu une république. Entre nous et à voix haute et aiguë, nul ne saurait connaître l’histoire du Burundi ne fût-ce que d’une manière approximative, à moins d’être un historien de formation. 

L’histoire du Burundi, comme l’histoire des pays du monde entier, est malheureusement nébuleuse, insaisissable, incomplète et remplie de trous noirs qui absorbent et avalent sauvagement la vérité et notre capacité d’aller de l’avant en tant que société. L’histoire de notre cher Burundi est remplie d’événements catastrophiques, honteux si je puisse dire cela ains, ignobles, mais aussi d’événements heureux, remplis d’amour et de compassion, d’entraide, de pardon et de bonté. L’histoire est teintée de bon et de mauvais, sans oublier qu’elle est infiniment compliquée et complexe. Personnellement, il n’y a pas à avoir honte de l’histoire car c’est l’histoire! Je sais que ma phrase semble n’avoir aucun sens mais bon… 

L’histoire du Burundi, chaque fois qu’elle est mentionnée, même de passage entre amis, réveille toutes sortes de démons et elle déchaîne les passions même auprès des personnes les plus passives. Ces réactions enflammées et parfois teintées de poison, ne sont que des symptômes d’une maladie plus grave qui essaie tant bien que mal de passer inaperçue. L’histoire récente de notre pays est une histoire incomplète, approximative, incomprise et surtout délibérément ignorée, dans un souci de ne pas remuer les couteaux dans les nombreuses plaies ouvertes qui ont envahi nos cœurs et âmes. Le dicton dit que “la vérité nous affranchira”. Je le pense mais on dirait que nous sommes peu nombreux à voir les choses ainsi. 

Aujourd’hui, je parle de votre histoire personnelle. Oui, je parle de votre propre histoire, et celle de votre famille restreinte. Je parle de l’histoire de vos parents pour commencer et celle de vos grands-parents. Je pense que ça ne sert pas à grand chose de remonter jusqu’à la 8ème génération pour avoir une meilleure idée de qui on est, quoique, toute information est toujours utile.

Oui, je parle de votre histoire personnelle. Certes, vous connaissez qui vous êtes et votre propre histoire car vous la vivez tous les jours. Quid de vos parents? Qui sont-ils? Je suis extrêmement sérieux quand je vous pose cette question. Oubliez qu’ils sont “papa” et “maman” pour vous. Qui sont-ils vraiment? En tant qu’individus, qui sont-ils? Au-delà de leurs prénoms légèrement archaïques, qui sont-ils? D’où viennent-ils? Comment se sont-ils rencontrés? Qui étaient-ils dans leur vingtaine et trentaine quand vous étiez des enfants? Qui sont-ils aujourd’hui dans leur cinquantaine, soixantaine et au-delà? Qu’ont-ils rencontré comme obstacles? Quels furent leurs rêves quand ils étaient jeunes mais qu’ils n’ont pas pu réaliser? Qu’auraient-ils aimé faire? Qu’ont-ils commis comme erreurs? Quelles sont les victoires dont ils sont fiers? Quelle est l’histoire de leur famille car chacun de vos parents vient d’une famille différente avec des mœurs, us et coutumes différentes bien qu’ils puissent être tous les deux Burundais? Qu’est-ce qui explique une qualité ou un défaut particuliers que possèdent vos parents? Et mille et une autres questions. 

Je me dois de vous prévenir; certaines de vos questions amènent des réponses inconfortables, bizarres, parfois impossibles à comprendre. Et c’est à ce moment-là que je vous demanderais de vous calmer et de vous rappeler que vos parents sont des gens d’une autre époque et donc ils pensaient, mangeaient, s’habillaient et agissaient autrement, très différemment de vous! Ils ne sont pas nécessairement pires que vous et vous n’êtes pas nécessairement meilleurs qu’eux! Donc, on se calme un peu et je vous prie d’être aussi empathiques que possible.

Connaître son histoire personnelle est d’une valeur inestimable. Cela nous donne des repères, et un certain équilibre aussi fragile qu’il puisse être. Je vous garantis que la moindre information, aussi minime qu’elle soit, possède plus de valeur que le vide qui règne parfois dans les cœurs des gens. Le vide d’information et de repères crée justement un espace qu’on peut remplir de tout et n’importe quoi afin de berner ces gens aux esprits torturés. 

Comment peut-on régler les problèmes du passé sans le connaitre? Comment peut-on guérir d’une maladie dont on ne connaît pas l’origine? Soit dit en passant, vous n’êtes pas responsables des mauvais actes de vos parents mais vous paierez les pots cassés pareil. Ainsi va la vie depuis que la terre est ronde. Ne pas savoir qui on est, d’où on vient…Imaginez ce fardeau que certaines personnes doivent porter quotidiennement. Imaginez ce poids, cette appréhension, ce vide, ce chagrin, qui ne fait qu’assiéger l’esprit tout en étouffant le cœur. 

Si vous avez la bénédiction d’avoir encore vos parents vivants et bien portants, prenez le temps de leur parler, d’avoir des conversations avec eux. Je vous garantis une chose: ils meurent d’envie de vous raconter leur histoire et de partager leurs expériences avec vous. Je vous le garantis. Aujourd’hui, vous, leurs enfants chéris, car ils vous aiment à mourir, êtes des adultes et vous êtes probablement des parents vous-mêmes. Ainsi ils veulent certainement vous parler de leurs erreurs afin que vous les évitiez! 

Une autre chose que je vous garantis…Les parents Burundais, de nature sont assez réservés, taciturnes, peu loquaces sur des sujets sensibles ou importants, sont comme toutes les personnes qui prennent de l’âge; leurs langues se délient. Ils deviennent plus chaleureux, plus expressifs, plus calmes et plus ouverts. Profitez de cette ouverture et de l’expression de ces sentiments qu’ils ont refoulés toute leur vie. Parlez à vos parents et écoutez-les attentivement. 

Apprenez l’histoire de votre famille. L’histoire vous donnera un sentiment d’appartenance et d’équilibre parfois. Allez fouiller pour savoir qui étaient vos géniteurs. Parlez à vos grands-parents, vos oncles et tantes. Parlez aux gens qui ont connu vos parents. Écoutez. Apprenez. Enregistrez les conversations s’il le faut. Absorbez votre histoire et j’espère du fond du cœur que ces connaissances vous apporteront une certaine paix. Personnellement, je préfère savoir tout, le bon comme le mauvais, au lieu d’éviter ma propre histoire. 

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B

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