« JE N’ARRIVE PAS À TROUVER QUELQU’UN… »

Cette phrase m’irrite. Extrêmement. Un peu trop d’ailleurs. Quand j’entends quelqu’un dire cette phrase quelque peu sinistre, pour ne pas dire triste, j’ai simplement envie de dire « sérieux » ? Tu n’arrives pas à trouver quelqu’un ? Tu n’arrives pas à trouver une seule personne ? Mathématiquement parlant, cette phrase qui fait référence aux relations romantiques, n’a aucun sens. Il existe presque 8 milliards de personne sur cette planète et tu n’arrives pas à trouver UNE SEULE PERSONNE ? Il y a des gens qui sont mariés et qui ont des amants et des maitresses et toi t’arrives pas à trouver une personne ? Excusez-moi, mais mon cerveau rationnel n’arrive pas à réconcilier ces deux réalités. Ça n’a pas de bon sens comme on dit au Québec.

Au-delà du ton moqueur de mon texte, le sujet est sérieux à plusieurs égards. Je suis pleinement conscient que la personne qui prononce cette phrase, fait référence à son incapacité de trouver une personne avec qui elle serait compatible. C’est normal car la compatibilité n’est pas facile. Si elle était donnée à tout le monde, alors chaque personne serait en couple ! Peut-être que chaque personne serait en couple avec n’importe qui, sans se soucier des valeurs et de la compatibilité, pour éviter la solitude et une telle philosophie n’amène que désarroi sur le long terme.

Selon des statistiques de 2019 compilées aux États-Unis[1], 31% des adultes étaient célibataires. Dans la tranche des 18-29 ans pour les hommes, le taux de célibat était de 51% et de 32% chez les femmes. L’étude est remplie d’informations extraordinaires, bien détaillées et elle est facile à lire. Ainsi, d’après cette étude, une personne sur trois était célibataire en 2019. Soit dit en passant, je ne suis pas là pour décortiquer ces données, et encore moins les expliquer à qui que ce soit. Je suis écrivain, je ne suis pas expert en statistiques ni psychologue, ok ?

Le célibat est simplement une conséquence de l’évolution de notre monde, rien de plus. Il va sans dire que les gens se marient de moins en moins, divorcent de plus en plus et restent célibataires plus longtemps qu’avant. Qui plus est, le monde a radicalement changé les 60 dernières années. Il suffit de citer l’évolution et le changement de la condition et la situation sociale, financière, politique, économique et personnelle des femmes pour mieux saisir combien notre monde a changé. Personnellement, je ne peux qu’applaudir l’émancipation des femmes dans tous ces domaines ! Ça m’enchante grandement car on s’en va vers un monde plus équitable, plus égalitaire et plus ouvert. Mais comme tout grand changement, le statu quo est perturbé et chamboulé à plusieurs niveaux et on essaie tous de s’accrocher et de s’adapter, que ce soient les femmes et les hommes. Le monde évolue en somme, c’est tout !

Maintenant, je dois vous faire une confidence ; j’ai choisi ce sujet à cause des récents speed dating que les jeunes burundais et burundaises font sur Instagram. Ces spectacles, car ils n’ont rien de sérieux, il faut l’avouer, sont divertissants, sans plus. Cependant, ils révèlent un certain malaise ou un ras-le bol généralisé de la part des gens qui sont célibataires et qui ont de la misère comme on dit au Québec, à trouver un partenaire ou l’âme sœur. Je parle de ce sujet car j’ai entendu une jeune dame blâmer les hommes pour l’absence de relations sérieuses et durables dans sa vie. Sachant qu’une explication pareille est simpliste, insultante même, permettez-moi de me prononcer sur le sujet.

Si une personne, homme ou femme, est célibataire, cette situation n’est point la faute du sexe opposé ou de même sexe dans le cas où la personne est gay ou lesbienne. Si tu es célibataire aujourd’hui, ce n’est point la faute de la planète entière. Je ne dis pas nécessairement que c’est ta faute, mais il faudrait que tu t’assoies et que t’examines ta vie avant de blâmer les autres. Oui, je sais, les Burundais et Burundaises n’aiment pas ce que je vais dire mais ils vont l’entendre ; nous, Barundi, avons un sérieux problème avec l’autocritique. Je le sais, je le vois et j’en suis coupable parfois. Nous avons une peur bleue de nous regarder dans le miroir, car nous risquons de ne pas aimer le reflet et parfois on évite de faire l’autocritique car elle risque de révéler nos propres manquements et échecs.

Je ne dis pas que si tu es célibataire, c’est ta faute, et c’est bien fait pour toi ! Non ! Calmons-nous un peu ! Néanmoins, il va sans dire que tu as une certaine responsabilité dans ton célibat, cela est une évidence. Tu as sans doute posé les briques pour construire ce temple de célibat. Oui, tu es partiellement responsable de ta situation, et parfois entièrement responsable. Vu que ce texte n’est pas une accusation comme celle d’Émile Zola avec son fameux texte « j’accuse », essayons de faire une petite recherche en commençant par la genèse du problème.

Pourquoi es-tu célibataire ? Sérieusement, je pose la question avec tout le respect du monde et ma question est dénuée de toute condescendance ou d’arrogance. Es-tu célibataire par choix ? Ou est-ce le résultat d’une récente rupture qui fut pénible ? Ou peut-être tu préfères prendre une petite pause avant de t’engager dans la prochaine relation ? Quelle sorte de relation as-tu eu auparavant ? Quelle que soit la raison, elle est infiniment meilleure que simplement lâcher, « c’est la faute des femmes/hommes ». Franchement, entendre une personne adulte prononcer cette phrase, est le paroxysme de l’insulte et l’apogée du déni de la responsabilité personnelle. Où est l’autocritique ? Où se trouve l’examen rationnel et non biaisé de sa propre personne ? Je suis célibataire depuis presque 2 ans mais jamais je n’oserais blâmer la gent féminine et encore moins mes anciennes flammes. Oui, je ne suis pas compatible avec n’importe quelle femme et le contraire est vrai. J’ai un égo assez massif mais jamais je n’oserais blâmer les autres pour ma situation romantique actuelle. Quant aux relations passées qui ont échoué, j’ai ma part de responsabilité comme mes anciennes partenaires ont les leurs. Les blâmer entièrement serait profondément lâche de ma part.

Admettons que tu sois Burundais ou Burundaise et que tu veux absolument être en couple avec un Burundais ou une Burundaise. Au-delà du rétrécissement délibéré de tes choix avec les conséquences qui vont avec, dois-je te rappeler qu’il existe 12 millions de Burundais et Burundaises sur cette planète, dont probablement 4 millions ont plus de 25 ans. Et tu n’arrives pas à trouver un seul partenaire ? Tu me diras que tu as des standards et je t’applaudirais pour ta force de caractère. Cependant, on a tous des standards. Qui sait, peut-être que tes standards sont trop sévères, trop rigides ou aucunement souples ! Tu as le droit de penser ainsi et de vivre ta vie selon tes propres règles. Mais il ne faut pas nous casser les oreilles en disant qu’il n’existe pas d’hommes ou de femmes « potables ». Est-ce que toi-même tu es potable avant d’exiger que les autres le soient ? Ou est-ce que tu fais partie des gens qui pensent être parfaits pendant que le reste de la planète est simplement en dessous de la moyenne ?

Les esprits faibles blâment le monde entier et les esprits forts acceptent la réalité et leur propre responsabilité de leur condition. Encore une fois, tu n’es pas à blâmer si tu es célibataire, du moins pas entièrement. Mais, pour l’amour de tous les Dieux, je te prie d’arrêter de jouer à la personne parfaite ou à la victime qui n’arrive pas à trouver quelqu’un ! Tu n’es point parfait ou parfaite. Des hommes et des femmes bien ou même extraordinaires existent par millions, et courent même les rues ! Si tu n’arrives pas à en trouver, ben, élargis ton champ de recherche ! Il existe des milliers de gens autour de toi et qui sont compatibles avec toi. Il suffit que tu fasses ton autocritique, que tu règles tes propres problèmes et après que tu ailles à « la chasse ». Tu ne peux pas t’asseoir chez toi, refuser d’aller rencontrer de nouvelles personnes et finir par blâmer le monde ! Arrêtons avec ces âneries, s’il vous plait !

Peut-être que notre génération est devenue trop exigeante, peut-être qu’on recherche la perfection alors que cette dernière n’est qu’illusion. De toutes les façons, les relations parfaites n’existent pas, cela est un fait. Si tu as la chance de trouver quelqu’un qui a les mêmes valeurs que toi, bats-toi pour cette relation afin qu’elle puisse durer et fleurir. Je ne sais pas qui vous a menti en vous disant des conneries comme « les relations sont faciles ». Ben, elles ne le sont pas ! Elles nécessitent du travail quotidien, des sacrifices, des compromis, de la patience, et du travail encore et toujours !

Tu trouveras quelqu’un, cela est une certitude mathématique. Quant à la compatibilité, alors là, c’est à toi de voir. Tu as des standards et tant mieux. Utilise-les à bon escient ! Et on arrête avec ces bêtises et âneries de blâmer toute la gent féminine et masculine, ok ? Je vous remercie !

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée. 

Freeman. B


[1] https://www.pewresearch.org/social-trends/2020/08/20/a-profile-of-single-americans/

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