LA FEUILLE BLANCHE.

Parfois, je me mets devant mon ordinateur et je regarde la feuille blanche de Microsoft Word fraichement ouverte. La couleur blanche est vive, légèrement aveuglante. C’est moi qui l’ai ouverte, volontairement, mais sans but précis. Je la regarde paisiblement. Je reste là, figé comme un arbre et je contemple la blancheur de mon écran. La feuille blanche et moi commençons alors une danse lente, comme un zouk entre deux partenaires qui sont en train d’apprendre à danser ensemble, comme si on essayait de synchroniser nos pas, nos mouvements de hanches afin que l’on soit en parfaite harmonie.

Parfois, j’ouvre le document Word par réflexe. Il m’arrive de n’avoir aucune idée précise du récit que je vais raconter. Souvent même, je n’ai aucun thème ou sujet en tête. Mais j’ouvre la feuille blanche quand même comme je le fais depuis des années. Ainsi, sachant que mon cerveau se mettra en branle à un moment, je le laisse flâner comme les mustangs, ces chevaux magnifiques du Midwest américain, qui parcourent des centaines de kilomètres dans la plus grande liberté sans se soucier de la direction qu’ils prennent ou de leur destination. La seule chose qui importe est de galoper. Je fais pareil ; la seule chose qui importe est d’écrire, afin de ne pas perdre cette habitude.

Parfois, la feuille blanche est capricieuse. Elle me regarde et elle me fait un clin d’œil, en voulant me dire, « allez ! Faites le premier pas, jeune homme ». Et là, une fois que je suis mis au défi par cette amie de longue date, ce partenaire qui ne me quitte jamais et qui prend soin de moi, mes doigts commencent à bouger. J’écris, j’efface, je réécris, je réefface, j’édite mon texte, je vais sur google, j’effectue mes recherches, j’écoute de la musique car elle m’aide à réfléchir et à me concentrer, j’écris et je me perds dans mon art.

Après quelques minutes, une heure ou parfois plus, la feuille blanche est assaillie par des centaines de mots, des dizaines de phrases et quelques paragraphes. Le texte est là. Parfois il est complet, parfois il laisse à désirer, parfois il est rempli de trous ou de phrases qui n’ont aucun sens. Et parfois je l’efface entièrement car le résultat final n’est pas du tout de mon goût. Je suis exigeant et pointilleux, donc mon amour propre en tant qu’écrivain ne me laisse pas publier n’importe quoi.  

Le plus important est que la feuille blanche m’a sauvé. Elle m’a fait offert réconfort, amour, et une discipline de fer quand il s’agit d’écrire et de raconter des histoires, fictives ou non. La feuille blanche a pris soin de moi pendant les pires moments de ma vie. La feuille blanche fut ma boussole personnelle. La feuille blanche m’a permis d’apprendre sur ma propre personne. La feuille blanche fut le départ de quelque chose de fantastique. La feuille blanche m’a permis de définir ma vie comme je l’entends. La feuille blanche m’a offert un but, celui de partager l’écriture avec le monde. La feuille blanche fut le départ de tout. Le partage de mes textes, mes opinions, mes histoires a commencé par une feuille blanche. Vous imaginez l’importance capitale qu’elle possède à mes yeux.

Au départ, je la trouvais cruelle car elle ne me parlait pas. Il n’existait aucun dialogue entre nous deux ou je n’avais mes oreilles grandes ouvertes pour l’écouter. J’avais l’impression qu’elle m’ignorait, qu’elle ne voulait pas mon bien, qu’elle n’en faisait qu’à sa tête. Pour moi, la feuille blanche était capricieuse, difficile, lunatique, exigeante à un point maladif, têtue. Surtout, quand j’étais en manque d’inspiration ou de force morale et mentale pour m’asseoir et écrire, je la blâmais. Peut-être qu’elle possède un mélange de tout cela en elle, mais son existence est salutaire, je vous le jure. Heureusement que j’ai compris cela à temps, après des moments de réflexion et d’introspection. Je suis certain que la feuille blanche m’a toujours parlé. C’est moi qui n’écoutais pas.

La feuille blanche m’a poussé à penser. La feuille blanche m’a mis au défi d’être meilleur, de trouver de l’inspiration, de raconter ce qui se passe dans mon cœur, dans ma tête et dans mon monde. La feuille blanche a gardé mon cerveau éveillé, vif, curieux, exigeant, furieux, fort et surtout, elle m’a poussé à comprendre son propre but car l’existence de la feuille blanche n’est pas accidentelle. La feuille blanche a un but : coexister en symbiose avec moi afin qu’on puisse fleurir tous les deux, comme un couple vivant harmonieusement.

En y pensant, la feuille blanche ne désire que mon bien, mon amélioration continue, mon bien-être et mon bonheur. Il a fallu du temps avant que je comprenne l’essence de son existence. Parfois, la feuille blanche est dure avec moi. Elle me trouve quelque peu fainéant et elle me le fait savoir avec poigne et sans faux-fuyants. Elle me dit la vérité et elle me tient responsable de mes erreurs, de mes manquements ou de tout travail mal fait ou pas terminé.

La feuille blanche est devenue ma compagne, mon amie, ma sœur, ma muse, mon coach, mon refuge, mon étoile du Nord, mon oxygène, mon officier supérieur. La feuille blanche sait me caresser dans le sens du poil ou me réprimander quand je ne suis pas à la hauteur de mes propres attentes. La feuille blanche sait aussi être patiente avec moi car elle sait qu’on ne peut pas être toujours au zénith de notre forme mentale ou physique. La feuille blanche m’a poussé à me poser des questions existentielles, des questions d’éthique et autres questions toutes aussi importantes.

Franchement, entre vous et moi, je ne sais pas où je serais sans la feuille blanche. Je ne sais pas qui je serais. Je suis infiniment reconnaissant de l’avoir trouvée car mon œuvre ne saurait exister sans elle. Si un jour vous avez aimé un de mes textes, si ces derniers vous inspirent ou vous font réfléchir, veuillez remercier la feuille blanche. Sans elle, je ne sais pas quelle tournure ma vie aurait pris.

Tu sais quoi ? Je t’aime feuille blanche. Et je ne te remercierais jamais assez de t’avoir dans ma vie. Tu seras mon amie pour l’éternité. Je te promets de faire tout mon possible pour être digne de la confiance et de l’effort que tu me montres quotidiennement. Par ailleurs, je te dois ce texte que je viens d’écrire car il a commencé avec un tête-à-tête entre nous deux, comme un couple de vieux amis que nous sommes. J’ai ouvert la feuille blanche et le reste a suivi. Et je te dois toutes les centaines de pages que j’ai pu écrire jusqu’à aujourd’hui. Toi et moi, on sait que l’avenir nous attend et notre collaboration est immortelle. Je t’aime du fond du cœur, feuille blanche.

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée.

Freeman. B

12 thoughts on “LA FEUILLE BLANCHE.

  1. Cathy

    Eweee feuille blanche nihatari sinarinzi ko freeman akunda none kutubesha ngo uracari celiba ngira niyo feuille blanche iragukunda 😅😂

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    1. Donc mu bintu vyose nanditse, wewe wafashe ko ndi celibataire?!?! Ewe la terre, turagowe!😂😂 mbe harya ko ntigeze mvuga statut yanje, iyo conclusion wayishitseko gute? Je me demande, ndibaza pe!

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      1. Cathy

        Ahh bon iyo mensonge uvuze niyo vraiment urayishigikiye 😅🤣 shaa je ne lis pas souvent t truc mais il me semble que tu as déjà mentionné un truc du genre en fin bref si wee ubizi ariko nimba usigaye uri kaze nkaba ntabizi ndivuza ko murambana après tout c ton choix hnm 😄 so qu’il en soit ainsi 😘

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  2. Cathy

    Hahah kurata abandi Ça je ne pense pas mais kubaha agaciro kabarenga canke katabarenga ivyo niw’ubizi kandi vrm ndagushigikira long vie à toi

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    1. navuze “umugenzi aruta abandi”, aruta bivuye mu rivuga kuruta…un epheumisme du kirundi, qui veut dire ‘copine’ ou ‘copain’, dans mon cas copine. tout cela pour revenir à la génèse: nta mugenzi aruta abandi mfise. sinzi uwakubwiye ko ndamufise, mugabo yarakubeshe. Ibihuha vyamaho nakare!

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  3. Cathy

    Ariko nivyo birashika nkasoma mais je ne suis pas TOUJOURS d’accord nivyo wandika kubera biri trop vaste genre à double sense en tant que écrivain c peut être un art comme certains dirait mais c’est aussi hypocrite parce que personne peut comprendre ton text apart toi meme, qui veut dire que les gens qui sont d’accord alors qu’il comprenne même pas d’où tu t’inspirer…lol en fin bref j déjà été à l’école et en littérature j’étais pas pire malgré que j pas continuer et c pour cette raison que j’aurais voulu où tu t’inspire réellement pour que je puisse comprendre tes txt en fin c aussi mon humble et simple avis 😜😅😂😉😉

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    1. Tu ne devrais aucunement être d’accord avec moi tout le temps! C’est même impossible que deux personnes soient d’accord sur tous les sujets. C’est literallement impossible. By the way, nashaka kugushimira de m’avoir écrit ce court texte. J’adore infiniment avoir des opinions des gens qui lisent mes textes et je les lis toutes. Et je ne suis pas TOUJOURS d’accord avec ces opinions mais elles ont leur mérite. soit dit en passant, tu as le droit le plus élémentaire d’avoir une opinion sur mes écrits, et je t’encourage à le faire d’ailleurs. L’art est subjectif n’est-ce pas? Parfois mes textes sont clairs comme l’eau de roche. Parfois, ils sont ambigus ou flous. Parfois ils sont mystérieux. Et souvent, je les écris dans le but de faire réfléchir, d’énerver, de faire sourire et rire, de faire pleurer ou d’irriter mes lecteurs. Je n’écris pas pour faire l’unanimité ou pour gagner un concours quelconque de popularité. Je n’écris pas pour être aimé, adoré, villipendé, détesté, etc. J’écris ce que je pense, ressens dans ma tête et dans mon coeur. Je n’attends pas à ce que les gens comprennent tous mes écrits. L’interpétation des gens est subjective, elle-même née de leurs propres expériences, vies, histoire, humeur, religion, parcours académique, environnement, parcours académique, couleur de peau, genre, orientation sexuelle, etc. Ton interprétation de mes textes t’appartient et tant mieux. Il m’arrive aussi d’interpréter les textes des autres à ma manière même si l’auteur croit avoir été clair. Et je dois souligner que je n’ai pas été à l’école pour écrire, je n’ai pas fait littérature. J’ai simplement commencé à écrire, et c’est tout! Encore une fois, merci infiniment de partager ton avis sur mes textes, ça me fait plaisir! N’hésite pas à partager tout autre avis ou opinion à l’avenir!

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      1. Cathy

        Ouiii pas de souci ewana bishitse nkasoma vrm je vais partager mes opinions à 100% comme là par exemple je devrai dire Taaaabarnaque que t copine ont un grand défi à relever 😅😂 je m’explique… imagine avoir un petit débat avec toii je me demande si c’aurait pas été une bonne idée de t’engager comme avocate… oups je vais dire avocat 🤪 kubera vraiment urazi kwidefenda ahubwo nihatari iyoo tuba abagenzi twokwiriwe duharira vraiment parce qu’il me impossible de donner raison à une personne qui a tort et je peux comprendre son point de vu mais ça reste un point de vu lol …

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      2. Je ne fais que défendre mon point de vue. et cela ne veut pas dire que j’ai raison nécessairement, ou tort. C’est un foutu point de vue, une opinion, rien de plus, avec toute la subjéctivité qui va avec. Et cela ne veut pas dire non plus que je ne change pas d’avis. ahubwo, je change d’avis souvent ku bintu vyinshi kuko certaines personnes bazana des arguments qui sont meilleurs que les miens, vyama vyabaye. kuba avocat navyo, asha, autant que je sais parler devant des foules et certains diraient que je sais “convaincre” les gens, ni métier qui ne m’a jamais interessé kabisa. kandi, jewe sinkunda guharira comme tel. kuko je sais pertinement yuko ata muntu agombe ahindure avis kubera yumvise opinion yanje. je prefère partager mon point de vue hama nkataha. donc, kurya wibaza yuko ma copine “aura un grand défi à relever”, il se peut que tu aies raison ou que tu te trompes, ntawubizi. How about that? 😉 🙂

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  4. Cathy

    ngo how about that hahah sorry sha nacerewe kukwishura😅😅wewe umu avocat hnm sinzi vrm ivyo niwe ubizi kubera hariho la différence entre convaincre des gens en public ou devant les juristes et les convaincre en écrivant un roman ou peut n’importe. C que je veux dire par là,c qu’ il y’a du monde qui ne savent pas interagir avec les gens, ils ne savent pas demander des vraies questions au personne concernée en fin ils ne savent juste pas etre spontané ou prendre de risques et pour ça ils vont se crée un monde rempli de lettres et des verbes bizarre pour adoucir leur manque de jugement ce qui m’amène à t dire.. j’espère qu’en écrivant pour grincer les dent d’autrui c’est ne pas tes dent qui grince 😅 hari abantu bafise la paix d’esprit qu’il est impossible de changer ça, hari abantu biha ama étiquettes atabakwiye ariko jewe vrm ni mumpe yose uwunzi niwe azomenya ko arivyo ou pas d’ailleur j’adore c proverbe qui dit ” doux sont les procédés de la diversité comme le crapaud hideux est venimeux elle porte un bijoux précieux dans sa tête” tous ça pour dire, dans la vie cherche à découvrir tout seul et non c que les gens tes dis pour ensuite l’écrire dans tes propre mots cela peut tout changer et donner l’étiquette négative, et t voilà en oeuvre pour grincer les dents😅😂😂 mais une personne comme moi en tire une lessons et se fait une idée du vrai visage de ce personne comme on dit ” une douleur dans l’épaule est une bénédiction déguisée” une personne qui veut t détruire ou profiter de ta gentillesse ou richesse peut n’importe si tu la voit d’avance Ben moi j’appelle ça une bénédiction 😁😁😉

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