LA PANDÉMIE M’A RENDU FORT ET FAIBLE.

Commençons par les forces. J’ai acquis ces dernières grâce au confinement qui fut en vigueur pendant la majorité de l’année 2020 au Québec. Disons qu’être confiné toute la journée et la soirée, carrément 24 heures, pousse toute personne à se regarder dans le miroir, au propre comme au figuré. Cela m’est arrivé et j’ai dû composer avec cette nouvelle réalité qui fut triste et difficile simultanément.

Trois semaines avant que tout ferme à Montréal, j’ai été viré de mon boulot. Ce congédiement n’avait rien à voir avec la pandémie. Quand on ne s’entend pas avec son patron, le couperet finit par tomber et ce dernier coupe tous les fils qui vous offrent un salaire régulier et stable. Deux mois plus tard, j’ai rompu avec ma flamme de l’époque. En toute franchise, ce fut principalement ma faute et cela est une autre triste réalité qui m’anéanti. Ainsi, à mon grand dam financier et personnel, il a fallu que je gère le chômage, des revenus suffisamment réduits et un chagrin d’amour viscéral. Une combinaison d’enfer qui m’a frappé frontalement et qui a failli me terrasser. Heureusement, c’est grâce à ces moments durs que la force s’est développée.

Ainsi commença une longue et pénible quête personnelle pour mieux me comprendre et accepter la responsabilité de mes actes. Il m’a fallu énormément de temps, de nuits blanches, de stress, de larmes, et de remises en question quotidiennes pour exorciser mes propres démons. Ce ne fut pas une tâche facile, il faut le dire, loin de là.

Deux choses m’ont sauvé : l’écriture et mon cercle solide composé d’amis et de la famille. L’écriture m’a permis d’avoir des dialogues avec mon âme, cœur et esprit. L’écriture m’a permis de matérialiser mes problèmes en les écrivant sur une feuille blanche de Word. Ça aide d’une manière indescriptible. Une fois écrits, les problèmes prennent forme et deviennent réels. Quant à mon cercle d’amis et de la famille, ils m’ont offert réconfort, assurance, amour, patience, argent, sourires, rires, câlins, cadeaux, sorties, repas, boissons, danses, etc. Notre connexion fut renforcée et je ne sais pas ce que j’aurais fait sans eux. Grâce à leurs gestes, messages, appels et visites, ils m’ont gardé sain d’esprit.

Aujourd’hui, avec le recul, je comprends mieux et avec une lucidité sidérante combien ce ne fut pas facile. L’isolement m’a permis de me regarder dans le miroir et de me poser des questions brulantes et surtout d’accepter la réalité de qui j’étais. De mon appartement où je vis seul, j’ai dû faire face à mes propres défauts, manquements, lacunes, et autres traits de caractère qui m’avaient empêché de fleurir. Il était temps que j’accepte la responsabilité de mes actes tout en reconnaissant certaines réussites que j’avais accomplies.

Finalement, vivre seul, n’avoir personne à qui parler, rejouer le film de ma vie dans ma tête quotidiennement furent des exercices ardus, difficiles et terrifiants. Qui aime revisiter son passé ? Personne. Néanmoins, l’examen de soi passe par là. Malgré tout ce stress handicapant, j’ai pu tirer des leçons salvatrices. Rien n’est parfait, et il me reste un énorme travail à faire pour m’améliorer en tant qu’être humain. L’isolement m’a permis au moins de renforcer mon amour et ma discipline pour l’écriture et mon désir d’être un conteur, un critique de la société et autres sujets qui me tiennent à cœur. Qui plus est, l’isolement m’a rapproché de mes gens, car ces moments difficiles nous ont soudé encore plus. La sagesse qu’on a tous tirée de la pandémie ne saurait être décrite en de termes adéquats. Mine de rien, je suis plus fort aujourd’hui que je ne l’étais en mars 2020.

Quant aux faiblesses, elles ne sont pas à négliger ou à ignorer. L’isolement prolongé m’a privé du contact avec les gens en général. J’ai remarqué que j’étais devenu plus confortable avec l’isolement justement. J’étais de plus en plus à l’aise avec la solitude, et cette dernière n’est utile qu’en quantité infinitésimale. Sur le long terme, la solitude est inutile et elle rend le cœur de plus en plus dur et égoïste. Moins on côtoie les gens, moins on a envie de socialiser avec eux. Et avec le temps, on commence à croire, dur comme fer, que tous les problèmes découlent des autres. C’est ça le piège de la solitude, au-delà, de l’énorme paix qu’elle apporte parfois. Les autres n’ont pas le monopole sur nos problèmes ; cette théorie est trompeuse et vachement dangereuse.

Quand on est isolé, on oublie petit à petit comment gérer les relations interpersonnelles. On oublie petit à petit comment gérer les conflits, les différends, les désaccords, et autres interactions désagréables. Par exemple, aujourd’hui, je remarque combien j’ai oublié d’une manière assez importante comment agir comme un mec qui est en couple. Je suis devenu plus impatient, plus exigeant, légèrement plus inflexible, un peu plus carré et ce sont là des traits de caractère peu recommandables.

Au lieu de gagner en patience, j’ai l’impression que j’ai gagné en impatience. Au lieu de trouver un moyen de dialoguer, il y a un risque que je campe sur mes positions et ainsi devenir arrogant et franchement insupportable. Au lieu de discuter et d’écouter, parfois, après deux années de confinement, je me retrouve à ignorer ceux qui ne pensent pas comme moi et je me force à revenir sur le droit chemin et écouter les autres. Au lieu de faire des compromis, je pousse lentement pour l’acceptation forcée de mes points de vue et malheureusement, la vie ne marche pas ainsi. Il faut apprendre à vivre avec les autres, à ne pas faire cavalier seul, à collaborer, à régler les nombreux conflits qu’on rencontre, etc. J’ai réalisé tout ça au fil du temps et je suis fier de dire que j’ai commencé à régler ces problèmes.

Il est vrai que j’ai acquis certains réflexes qui m’ont aidé et qui font de moi un superhéros carrément. Et j’ai acquis certaines mauvaises habitudes dont je dois me défaire si je veux vivre mieux. L’isolement fut salutaire et pénible ; il fut une bénédiction et une malédiction simultanément. Je me dis que l’essentiel est de tirer les leçons de ce merdier incroyable que fut le confinement.

Au moins, je suis lucide de toutes ces faiblesses, ce qui est déjà un exploit ! Les régler, ce ne sera qu’un jeu d’enfant. Une fois un problème reconnu, il est facile de le régler. Le pire aurait été de les ignorer et de baigner dans l’arrogance. J’espère du fond du cœur que la pandémie ne vous a pas terrassé et que vous avez tiré les bonnes leçons de ce phénomène mondial irréel.

Enfin, ce n’est que mon humble avis.

Sur ce, merci pour votre attention et rappelez-vous que sourire est un cadeau du ciel, alors veuillez sourire autant que vous pouvez et je vous souhaite de passer une bonne journée.

Freeman. B


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